Le triomphe de François Hollande

François Bayrou célébrait sa victoire hier sur France 2. La position qu'il avait rêvé de créer dans le champ politique depuis une quinzaine d'années est enfin occupée par Emmanuel Macron.

Ce soutien officieux de Ségolène Royal en 2007 pouvait jubiler : la perspective que le cercle de la raison européiste, ce « bloc bourgeois « pour reprendre les termes des sociologues Bruno Amable et Stephano Palombarini, s'installe durablement au pouvoir avec une majorité bicéphale, à l'allemande, est à portée de main.

Le bloc du « Non » de 2005 est plus que jamais divisé, le candidat Mélenchon n'ayant pas cherché à le mobiliser. Espérons que la machine médiatique qu'il a construite, lui permettant de faire le plein des voix auxquelles il pouvait prétendre dans le cadre étriqué de la construction d'une "hégémonie culturelle de gauche" à laquelle une partie du pays est socialement rétive, puisse servir à la constitution de ce "bloc hégémonique" (car la Constitution, ce sont les traités...). La rhétorique intéressée de « sortie de l'UE » est incarnée au 2ème tour par Marine Le Pen, contribuant à la rendre impossible et à en faire un monopole d'extrême-droite. Le « bloc bourgeois » dans lequel nos sociologues voyaient une illusion, ayant une base sociale très réduite par définition, sera en position hégémonique au 2ème tour en obtenant un plébiscite anti-Le Pen, gracieusement servi y compris par les idiots utiles comme Pierre Laurent.

L’œuvre de François Hollande est accomplie avec l'élection annoncée de son dauphin, sur le berceau duquel se sont penchées les bonnes fées du CAC 40 ayant fait main basse sur la presse au-cours des dernières années à cette fin exclusive - être en capacité de vendre leur marionnette comme un paquet de lessive - à l'américaine. Espérons que de nombreuses fées Carabosse se penchent sur la réincarnation de Lecanuet. Car tel était le but annoncé depuis sa prime jeunesse par pervers Pépère : une gauche européiste et libérale pendant d'une droite européiste et libérale. Superbe opération médiatico-politicienne et ploutocratique menée de main de maître alors que le fossoyeur en chef de la République sociale solidaire et démocratique creusait au fond du trou...

Laissons donc la parole au défunt candidat Coluche pour en exposer le principal rouage, dont la présence de sa réincarnation en Mamlouk a singulièrement manqué lors de la soirée électorale transformée en placement de produit anti-fasciste lavant le néolibéralisme plus blanc que blanc, sous le nom de Révolution

Le Concierge

Coluche commente le placement de produit "Macron" au soir du 1er tour des présidentielles de 2017.

Coluche - La publicité © Hallouzzi

 

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