CDR - Comitès de Defensa de la República

Pedro Sánchez a continué la politique de son prédécesseur en ce qui concerne la Catalogne. Mensonges, manipulation de l’information, répression, une attitude dépourvue de scrupules. Le « tout est bon » afin de sauvegarder l’unité de l’Espagne. Comme l’affaire des CDR.

Pedro Sánchez a continué la politique de son prédécesseur en ce qui concerne la Catalogne. Mensonges, manipulation de l’information, répression, une attitude dépourvue de scrupules. Tout est bon afin de sauvegarder l’unité de l’Espagne. On arrête des gens et, après on verra de quoi on peut les accuser. Les 9 CDR détenus le 23 septembre dernier, dont 7 emprisonnés, illustre parfaitement cette politique, c’est le résultat d’une mise en scène d’intimidation à des fins politiciennes. Les policiers arrivent bride abattue, défoncent la porte et procèdent à une perquisition avec ou sans autorisation, en présence ou en absence d’un avocat. Le secret de l’instruction ? Cela n’entre pas dans leurs intentions puisque le respect du secret annulerait l’effet d’affichage recherché. Les fuites, dont certains média sont gourmands, sont orchestrées de façon à distiller la culpabilité des détenus dans l’esprit de M. tout le monde. Les média parlent alors avec des phrases conditionnelles et impersonnelles qui ne font que souligner le flou artistique des affirmations, : « on aurait trouvé… », « il y aurait… », « il paraît… » et… terrorisme.

 « L’accusation » (entre guillemets parce que une accusation émane du Tribunal une fois l’instruction terminée) qui leur convenait le mieux, est celle de terrorisme car selon la réforme du Code pénal de 2015, l’article 573 inclut toutes sortes de délits, comme par exemple, provoquer des désordres publics, commis soit par une organisation, soit individuellement. Vous pouvez voir d’ores et déjà les dérives antidémocratiques. Donc ils sont « accusés » de terrorisme, détention d’explosifs, appartenance à une bande armée et… terrorisme. Peu importe que quelques jours plus tard la défense n’a pas vu trace d’explosifs dans le dossier d’instruction. Les insinuations savamment et pertinemment dosées ont atteint l’objectif voulu.

Dans le cas présent, il fallait non seulement salir la réputation des CDR détenus mais aussi obtenir des aveux impliquant un complot avec des armes, aveux qui démontreraient une fois pour toutes la violence des indépendantistes tant recherchée. La machine répressive a donc choisi deux parmi les 7 prisonniers, Jordi et Ferran, les autres n’étant là que pour la décoration. Ça ne veut pas dire que ces autres n’aient pas été accusés des mêmes délits et qui n’aient pas subi aussi de mauvais traitements et des violations en matière de droits fondamentaux, droits à la défense et présomption d’innocence, mais ils n’étaient nécessaires que pour mieux faire ressortir la culpabilité avouée de ces deux CDR. Et Jordi et Ferran ont fait une déposition.

Xavier Pellicer, porte parole d’Alerta Solidària, l’équipe juridique chargée de la défense des CDR détenus, lors de la conférence de presse du 7 novembre dernier, a dénoncé l’intention clairement politique de cette affaire. Quant aux aveux de culpabilité dont la nouvelle a filtrée récemment X. Pellicer a mis en garde contre le fait de leur donner crédit car les conditions dans lesquelles ces déclarations ont été obtenues sont empreintes d’irrégularités. Comme par exemple le fait de ne pas avoir dormi pendant les 30 heures qui ont précédé la déclaration ou les menaces des enquêteurs de s’en prendre à leurs familles ou l’hypothèse que l’on a mis quelque chose dans leur boisson lors du transfert Barcelone – Madrid, pendant qu’ils étaient cagoulés. De même que, pendant 25 jours pour l’un, 5 jours pour l’autre, Jordi et Ferran n’ont pas pu voir les avocats choisis par leurs familles et, à la place, des avocats d’office leur ont été imposés. Comme par hasard leurs déclarations ont été faites pendant ce laps de temps où ils étaient défendus par les avocats d’office.

Xavier Pellicer a affirmé que des aveux soutirés de la sorte ne peuvent pas être recevables dans un État de droit démocratique.

Pour finir, pour ceux qui voudraient et pourraient contribuer, voici les références bancaires d’Alerta Solidària :

   Associació Catalana Recer

   Iban: FR76 1710 6000 2930 0078 5693 479

   bic: AGRIFRPP801

   concepte: ALERTA SOLIDÀRIA

 

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