Les personnes âgées s’adaptent pour Noël

Visio, masques, distanciation sociale... Cette année, les personnes âgées, très à risque face au coronavirus, adaptent leur Noël aux conditions sanitaires.

Lunettes de vues sur le nez, un ami informaticien au téléphone, Agnès Giraud, 73 ans, est inquiète. Cette année, COVID oblige, elle a décidé de commander ses cadeaux de Noël sur le web. « Je ne suis pas du tout branchée technologie », se désole la grand-mère, un sourire crispé au coin des lèvres. Lentement mais sûrement, elle ouvre, une à une, ses pages internet. « Je vais faire un effort pour mes petits enfants. Je veux les voir sourire ». Comme 18 millions de Français, Agnès fait partie des personnes dites « à risque » face au coronavirus. Cette année, elle prépare un noël inédit. « D’habitude, j’achète mes cadeaux de Noël en magasin », explique cette « mamie gâteau », comme elle se décrit. « Mais là, il y a trop de monde dans les boutiques. C’est trop risqué d’y aller ».

Pour Noël, Agnès n’accueillera que sa fille et ses deux petits enfants. « Je veux limiter les risques », assure-t-elle. « On va porter un masque hors repas. On va faire attention de ne pas trop s’approcher ». Chaises distancées d’un mètre, désinfection régulière des mains, masque pour tout le monde... « Mamie Agnès » a déjà tout préparé. « Je veux que tout soit parfait. On doit pouvoir se voir sans risque ».


Noël sur Skype


Entrer l’identifiant, écrire le mot de passe, ajouter des contacts... Pour Monique Giordana, retraitée de 71 ans, difficile de comprendre comment marche Skype. Pourtant, cette année, elle devra réussir à se connecter au logiciel pour voir sa famille à Noël. « Ma fille m’a dit qu’elle ne viendrait pas pour les fêtes », soupire la grand-mère, une photo de ses petits enfants dans les mains. « Elle, son mari et les enfants habitent à Bordeaux. Venir en train jusqu’à Marseille, c’est prendre le risque d’attraper le virus et de me contaminer ».

Alors, le 24 décembre vers 21 heures, la retraitée se connectera sur Skype. Seule, devant son ordinateur. Dégustant, peut-être, son « coffret gourmand », offert par la mairie du Rove. « C’est très dur de ne pas voir ma famille pour Noël », se désole Monique, la voix toute tremblante. « Quand pourra-t-on revoir nos enfants ? Quand pourra-t-on revoir nos amis ? Il faut que cette épidémie se termine. Nous souffrons tous de ce virus ».

Six convives, pas plus


Bernard Achard, lui, aura la chance de fêter Noël en famille. Mais cette année, ce sera six convives, pas plus. Le retraité de 76 ans est conscient des risques qu’il prend. « Si j’attrape ce virus, j’ai beaucoup de chances d’en mourir », reconnaît Bernard. Il jette un regard inquiet à sa femme, Simone, 74 ans. « On va tous les deux faire attention, se protéger. On ne peut pas manquer un Noël en famille ».

Crèche, guirlande, sapin de Noël... Cette année, le retraité a lui-même décoré sa villa d’Ensuès-la-Redonne. « Habituellement j’appelle un ami pour installer les décorations », avoue le grand- père en terminant sa crèche, un santon à la main. « Cette année, je préfère limiter les contacts. Et puis, ça me fait faire un peu de sport ».

Fabio Marletta

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