À Sainte-Marthe, un confinement raté

Les habitants de Sainte-Marthe estiment que le confinement est raté. Ils assurent que, dans le quartier, la police ne contrôle jamais.

Monique Luçon, retraitée de 66 ans, pointe du doigt la place de la maternelle. Une cinquantaine de personnes s’y est réunie. Certains ne portent pas de masques. « Regardez ça… c’est un faux confinement », estime l’ancienne pharmacienne, visière sur le front. « Une heure de sortie par jour, c’est bien. Dans le respect des gestes barrières, c’est mieux ».

Le confinement est raté. C’est en tout cas ce qu’estiment les habitants de Sainte-Marthe dans le 14ème arrondissement de Marseille. « Dans le quartier, personne ne respecte la mesure », assure aussi Mansour Abdallah, 35 ans, propriétaire de MM Supply, l’alimentation de nuit du quartier. Sur la porte d’entrée du commerce, il a placardé une pancarte « masque obligatoire ». « Même avec le message, j’ai des clients qui entrent sans protection », explique l’ancien militaire. « Je crois que le gouvernement n’a pas assez joué sur la peur. Cette fois-ci, ils sont restés trop laxistes ». 

Ilyès Belaïd, 21 ans, sans emploi, vide ses poches. « Je n’ai pas d’attestation sur moi », explique le jeune homme. « Vous pensez vraiment que quelqu’un va venir me contrôler ? ». Depuis septembre, l’ancien éboueur multiplie les soirées. « On fait des soirées FIFA avec les potes. On habite tous à côté, donc c’est facile de se regrouper ».

« Ici, la police ne vient pas »

Contrôle d’attestation oui, mais pas à Sainte-Marthe. « Ici, la police ne vient pas », confie Laurène Houillard, 24 ans, étudiante en psychologie. « Personne n’a son attestation dans le quartier. Moi, je ne fais plus confiance à ce gouvernement. Je pense que je ne suis pas la seule ».

« Pour vraiment confiner, il faut vraiment contrôler », s’amuse Éric Rami, 41 ans, un carrossier du quartier. « Je n’ai pas vu un seul contrôle d’attestation. Tout le monde le sait : ici, il n’y a pas de confinement ». Pour le natif de Sainte-Marthe, la mesure est ratée. « On a peut-être fait baisser les contaminations, mais j’ai peur que ça soit temporaire », explique ce grand costaud, le visage marqué par la journée de travail. « Je pense qu’il fallait remettre un confinement strict comme en mars. On aurait tué ce virus une bonne fois pour toute ».

 

Fabio Marletta

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