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Billet de blog 20 sept. 2013

Municipales 2014: la fin du bricolage sur le web

Les 23 et 30 mars 2014 se tiendront, dans toutes les communes de France, les élections municipales. Les précédentes ont eu lieu en 2008 : 6 années écoulées qui ressemblent à un véritable gouffre temporel au regard des mutations de l’espace public et de la révolution numérique.

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Les 23 et 30 mars 2014 se tiendront, dans toutes les communes de France, les élections municipales. Les précédentes ont eu lieu en 2008 : 6 années écoulées qui ressemblent à un véritable gouffre temporel au regard des mutations de l’espace public et de la révolution numérique.
Entre temps, les responsables politiques ont investi les nouveaux territoires du web. Dans les campagnes électorales, les opportunités offertes par le numérique ont été révélées et testées en particulier lors des présidentielles de 2012. Et beaucoup de choses ont changé en France en 6 ans :

  • le haut-débit s’est généralisé sur le territoire
  • le prix des forfaits internet mobiles a été divisé par 10
  • il se vend désormais plus de smartphones que de téléphones classiques
  • les tablettes ont séduit près d’un tiers des français
  • Facebook est passé de 3 à 28 millions de membres
  • Twitter a fait une entrée fracassante dans l’espace public
  • il existe plusieurs centaines de réseaux dits sociaux
  • plus de la moitié des connexions internet se font désormais à partir d’un support mobile (smartphone ou tablette)
  • les CMS (outils de publication de sites et de blog comme wordpress, drupal, joomla…) se sont renforcés et imposés

C’est dans ce nouvel environnement - qui n’a pas encore fini de muter - que les candidat-e-s aux municipales se préparent à passer en phase très active de campagne.
Si tout le monde a bien compris qu’il faut faire campagne sur et avec internet, il n’est pas toujours évident de savoir comment faire et quoi faire en priorité.
Le préalable est de comprendre qu’internet n’est pas seulement un outil de communication. La communication n’est en effet que la partie émergée de l’iceberg (et c’est un “communicant” qui vous le dit). Une campagne web bien pensée permet de répondre à des objectifs bien plus larges que des objectifs classiques de communication qui relèvent, pour l’essentiel, de la notoriété, de l’image et des messages politiques :

  • faire de la veille (écoute en temps réel de l’opinion, veille thématique, veille territoriale et presse, veille concurrentielle…)
  • gérer se fichiers de contacts (mails) et faire des campagnes e-mailing efficaces et intelligentes
  • recruter des contacts mails, des soutiens et des ressources militantes
  • récolter des dons
  • cartographier son territoire et ses bureaux de vote avec précision
  • développer des outils pratiques pour les équipes terrain faisant par exemple du porte-à-porte
  • mettre en place des outils collaboratifs pour les membres de l’équipe de campagne
  • solliciter la participation active des citoyens

Une bonne campagne web peut remplir toutes ces fonctions et doit s’appuyer sur une stratégie numérique pensée et formalisée à partir d’une stratégie électorale précise : la priorité est-elle au recrutement de soutiens et de militants, à l’échange avec les électeurs, à la constitution du programme, à la récolte de contacts mails, à la levée de fonds et de dons, à la confrontation directe avec ses adversaires, à la mobilisation de ses sympathisants tentés par l’abstention, le candidat est-il un favori ou un challenger…
Une fois les idées claires sur sa stratégie, vient le temps de trouver des outils et des moyens pour atteindre ses objectifs. Or, l’amateurisme est toujours une tentation vive, malgré une exposition devenue importante sur le web, des obligations légales importantes, des forces militantes précieuses et des budgets non extensibles.
Ce qui est formidable avec le web, c’est que les solutions sont foisonnantes, variées et souvent pas chères voire gratuites. Le revers de la médaille est que l’on peut très vite s’y perdre, qu’il faut consacrer du temps (surtout pour les non spécialistes) pour connaître ces outils, les choisir, les configurer, former ses équipes, encadrer d’éventuels prestataires web (pas toujours faciles à gérer), etc. Survient généralement à ce moment là une révélation : c’est un métier !
Et même dans ce que l’on croit (trop) souvent maitriser comme sa poche - Facebook, twitter et son blog ou site de campagne - il s’avère que l’on peut tout y faire mais que l’on a pas toujours intérêt à tout y faire (tout dépend de sa stratégie). Y être d’accord ! Mais pour quoi y faire ? Et avec quelle efficacité ?
Les municipales de 2014 sont donc une occasion formidable pour les équipes de campagne - y compris dans les villes de petite taille - de dompter le web et d’apprendre à se fixer des priorités, à aller à l’essentiel, à ne plus perdre de temps et d’argent, à former leurs cadres et militants bref, à cesser de bricoler.

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