"La privation totale de liberté dans le fascisme est, à vrai dire, le résultat inéluctable de la philisophie libérale, qui prétend que le pouvoir et la contrainte sont le mal, et que la liberté exige qu'ils n'aient point place dans une communauté humaine. Rien de tel n'est possible; on s'en aperçoit bien dans une société complexe. Restent deux possibilités seulement : ou bien demeurer fidèle à une idée illusoire de la liberté et nier la réalité de la société, ou bien accepter cette réalité et rejeter l'idée de liberté. La première solution est la conclusion du tenant du libéralisme économique; la seconde celle du fasciste. Nulle autre, semble-t-il, n'est possible."
K. Polanyi, dès 1945, dans "La grande transformation", nous avait déjà mis en garde. La liberté des marchés accointée à l’absence de souveraineté politique accouche d'une dangereuse désorganisation des sociétés humaines.
L’élection de D. Trump à la présidence des Etats-Unis n’est qu’un calamiteux exutoire aux politiques économiques néolibérales et à leurs conséquences sociales catastrophiques.
Les tentatives de résistances sociales (Occupy Wall Street, Indignés, Nuits debouts…) n’ont montré, à ce jour, ni la force, ni la pérennité adéquates pour infléchir le pouvoir des représentants élus.
S’il manque encore à ces timides mouvements la pleine conscience de leur capacité à reprendre en main leur destin collectif, ils n’ont pas été vains pour autant. Bon nombre de citoyens ont ainsi pu entre-apercevoir qu’ils ont la capacité d’échanger sans interface…
Mais il est à craindre que la lutte sociale soit désormais annihilée par les obsessions -qui seront massivement relayée par une presse aveuglée- d’une guerre entre deux idéologies fascisantes qui n’auront de cesse de se renforcer l’un l’autre : Daech et l’axe T.A.P. (Trump-Assad-Poutine).
Le mandat d’un B.Obama qui avait fait campagne sur le thème de l’"espoir" accouche de l’élection d’un D.Trump, raciste, misogyne et mégalomane. L’espoir s’est transformé en cauchemar.
Après l’ignominie du « débat » sur la déchéance de nationalité, l’asservissement aux politiques néolibérales et la répression policière des mouvements sociaux, rien de bon n’adviendra d’un F. Hollande qui avait fait campagne « contre la finance »…
Il faut se rendre à l’évidence : les urnes sont devenues des armes de désillusions massives.
Et l’économie de marché, en prônant l’individualisme forcené et la course à l’enrichissement personnel, se nourrit avec avidité de ces désillusions collectives.
De la petite bourgeoisie au prolétariat, il nous faut entreprendre un mouvement commun pour assumer notre responsabilité dans l’élaboration d’une construction sociale désenchainée de « lois » économiques aliénantes.
Altrame