Neuf sinistrés parmi des milliers

Voici ce que m'a envoyé un ami (un vrai, je le connais depuis six ans  - non, pas depuis les miens, de six ans, depuis 2007, quoi!), accompagné de la photo de la fillette :

Angel, née en France de parents philippins. A la rentrée, sa maman m'a demandé si je pourrais lui donner des cours de français. Elle est d'une intelligence si vive que c'est bientôt elle qui va m'en donner.

Deux tantes, deux oncles, cinq neveux et nièces à Tacloban, qui ont eu le temps de se mettre à l'abri avant l'arrivée du typhon, mais maison familiale, située à 150 mètres de la mer et à laquelle son père consacre chaque année une partie de son salaire pour l'améliorer, totalement rasée.


On acquiert des réflexes, sur Mediapart, alors, je me suis dit illico : "Mais on va les aider, ces gens !" Peut-être me suis-je avancée un peu vite, pourquoi neuf sinistrés, pourquoi ceux-là, parmi des milliers d'autres ? Eh bien, en ce qui me concerne, parce que quand je sais, je ne peux pas faire autrement, parce qu'aider les Philippins dans leur ensemble, je ne peux pas, mais aider ceux-là, je peux. Parce que ce qui sera peu pour moi sera beaucoup pour eux : le cours du peso philippin rend tout don en euros très utile. Et surtout, maintenant, parce que je connais la réaction de la famille d'Angel à mon offre. Quand mon ami Jean-Philippe leur a transmis ma proposition d'aide, ils n'en revenaient pas, tant ils ont peu connu la solidarité ici. Le père d'Angel travaille sur des chantiers, week-end compris, depuis des années, il a demandé une avance à son patron qui lui a opposé une fin de non-recevoir. A Jean-Philippe, il n'avait rien demandé, juste raconté : apprendre que des inconnus allaient tenter de donner un coup de main lui a fait un choc, vous vous rendez compte ?

Si vous voulez et pouvez vous joindre à Jean-Philippe et à moi, la démarche est simple : envoyez un chèque à mon ordre, à cette adresse, la mienne.

Catherine Fusillier
271, rue du lavoir,
01600 Reyrieux

Je ferai ensuite un envoi global. Pas de déduction fiscale, guère de preuve à vous montrer, mais enfin, je sacrifie mon anonymat, j'espère que cela suffira à convaincre de ma bonne foi. Je crois que ma démarche est aux limites de l'illégalité, mais je m'en fous complètement, je dois dire !

AJOUT : Jean-Philippe vient de m'écrire ceci, à quoi j'avais pensé aussi.
Il y a quand même un truc qui m'embête dans le principe du chèque collectif, c'est que je tiens beaucoup à ce que les parents puissent remercier nommément les donateurs, que cela ne reste pas trop dans le flou, qu'ils comprennent bien qu'un certain nombre d'individualités ont fait un geste vers eux. Pour toi et moi ils savent déjà, mais pour les autres ?

Si vous souhaitez que votre nom soit communiqué à cette famille, dites-le-moi par MP, quel que soit votre geste de soutien : un "recommander", un commentaire ici, un poème...

 

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