Le lycée brûle -t-il ?

Le lycée Jean Jaurès, Argenteuil. Un climat scolaire tendu. Des incidents graves. Comme des répliques de ce qui se passe en France aujourd'hui. 

Certains élèves fauteurs de troubles. Des élèves sans repères. Des problèmes réels qui demanderaient une réflexion politique, c'est-à-dire un recul. Une révolte avec des mots, des actions fortes, peut-être violentes mais autres que destructrices. 

Alors: départs d'incendie au sein du lycée, utilisation d'essence, violence envers les enseignants. On dit : violence urbaine. 

Une impasse pour tous. Miroir de leur impasse. 

Et puis, une grande, immense majorité d'élèves conscients de la difficulté de la situation. Et des enseignants, conscients de cette situation qui se battent au jour le jour pour "leurs" élèves. 

En même temps: des policiers, des CRS, appelés en renfort. Présents, en nombre, pour qui un élève de banlieue est un élève de banlieue. Quelqu'un sur qui on peut s'autoriser à taper.

Alors, ils tapent. 

Et des élèves, au nombre de trois, calmes, sereins, allant manger un grec, se sont fait agresser par des policiers, tapés, conduits pour l'un d'entre eux à l'hôpital. 

Après: des enseignants qui exercent leur droit de retrait pour faire baisser les tensions. 

Après: la directrice de cabinet de la DASDEN 95, jointe au téléphone qui insiste : le droit de retrait n'a pas lieu d'être. Et qui ajoute, fière de l'argument : "Le lycée brûle-t-il ?"

Et les enseignants laissés avec cet "incident" qui dit tout: la violence, sous toutes ses formes, faite aux élèves , aux enseignants, à la banlieue, le mépris, l'aveuglement politique, l'abandon, le désespoir. 

Alors la réponse est dans la question:  le lycée brûle. 

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