Le chemin des résistances

L’innommable est arrivé ce 7 janvier à Paris. En ce début d’année,  la France se réveille groggy, devant tant de violence inutile et déshonorante. Eclaboussée par la haine de deux terroristes qui ont pris pour cible notre Charlie hebdo national, symbole de l’esprit gaulois, de l’humour à la française hérité de Voltaire, Desproges et de tant d’autres.

L’innommable est arrivé ce 7 janvier à Paris. En ce début d’année,  la France se réveille groggy, devant tant de violence inutile et déshonorante. Eclaboussée par la haine de deux terroristes qui ont pris pour cible notre Charlie hebdo national, symbole de l’esprit gaulois, de l’humour à la française hérité de Voltaire, Desproges et de tant d’autres.

Les fanatiques n’aiment ni le rire, ni la liberté, ni même la vie. 12 morts et 4 blessés qui signent le retour de la barbarie à visage anonyme et qui nous disent que l’impensable pourrait désormais côtoyer notre quotidien.

De l’expérience algérienne et de sa sinistre décade de plomb, j’ai appris trois choses : que les fanatiques n’aiment ni les journalistes, ni les femmes, ni les forces de l’ordre.

Les journalistes, parce qu’ils exècrent la raison, la contradiction et la liberté de penser. Les femmes parce qu’elles sont un marqueur de leur domination dans l’espace public et les forces de l’ordre parce qu’elles sont garantes d’un Etat de droit. C’est pourquoi, il faut inlassablement défendre et les journalistes et les femmes et les policiers qui sont pour nous, les vigies attentives de notre propre liberté et de notre démocratie.

Et ce carnage sans nom, qui touche à l’essentiel, doit appeler une réponse à la hauteur de cet outrage qui défigure la France.

Il doit être désormais urgent d’ouvrir la page de la résistance, de la fermeté et de l’union sacrée de tous les républicains.

François Bayrou a raison de dire que « nous sommes entrés en guerre contre le fanatisme et l’obscurantisme ».

Et comme en temps de guerre, la résistance doit s’organiser autour de ce qui nous est le plus cher et plus  précieux, notre identité de démocrates portée par nos valeurs républicaines. Celles qui ont permis à notre pays de se relever de toutes les épreuves, de deux guerres mondiales et de la barbarie nazie.

Les terroristes font le calcul que leurs attentats avec leurs images sanglantes vont faire naître chez nos concitoyens la peur et la haine pour mieux nous piéger et nous diviser et faire imploser de l’intérieur notre « vivre ensemble ». Ne leur faisons pas ce cadeau, ils ont pris nos vies, ne leur donnons nos âmes et notre foi en une France rassemblée et diversifiée.

J’ai observé rassurée qu’après cet attentat, des milliers de Français ont décidé d’organiser des marches ou des rassemblements à Paris, à Lille ou Strasbourg. Ils ont été rejoints dans un élan de solidarité par tous les amoureux de la liberté des pays d’Europe ou du monde, dont la Tunisie et l’Algérie.

Ces Français et ces citoyens du monde anonymes nous montrent le chemin et nous disent leur détermination à combattre la violence par la fermeté et le rassemblement. 

Par leur expression, ils font déjà barrage aux racistes et aux populistes qui voudraient  tirer les marrons du feu, aux terroristes qui découvriront médusés que les français se jouent de leurs calculs imbéciles de faire trébucher une civilisation issue des siècles des lumières.

Oui, si nous le voulons, nous gagnerons cette guerre contre le terrorisme, le fanatisme et la  violence.

Nous le devons à Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et à tous ceux qui ont payé le lourd tribut du sang  contre l’obscurantisme.

C’est en résistant, en poursuivant et traduisant devant la justice les auteurs de ce massacre que nous honorerons leur mémoire.

Alors nous aurons besoin de comprendre et de déconstruire les causes qui ont permis un tel massacre et pour cela nous aurons besoin de mesures fortes et de pédagogie pour couper net les arbres et les branches de notre corps social gangréné par la violence et le nihilisme.

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