La certitude de la solution.

La certitude de la solution.

 

Avec l’approche des élections présidentielles, les hommes politiques se sont mutés en êtres providentiels. Le diagnostic est posé et les idées fusent. Il faut redresser la France, restaurer sa grandeur et pour les plus ambitieux défendre notre civilisation contre un mal nommé islamisme radical. A la seule évocation de cet ennemi, les électeurs frémissent. En France, ils s’inquiètent peut être même plus du nombre de « burkinis » que de leur probabilité de contracter un cancer. En attendant, c’est l’immigration, l’autre qui est devenu ce cancer qu’il faut combattre.

 

Le diagnostic posé est très peu questionné dans l’espace public. Oui, l'islamisme radical est un péril, mais il y a des nuances dans le discours politique qui méritent d'être questionnées. Le biais retenu dans l’analyse corrobore des discours qui relèvent parfois du fantasme, du patos. La fonction du politique telle qu’elle s’illustre dans nos démocraties n’a pas pour objectif de questionner l’opinion, mais plutôt de saisir des mouvements afin de les convertir en voix (opportunisme). Ainsi, l’offre politique se réapproprie les craintes des français sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité. En proposant les solutions actuelles, elle cautionne le diagnostic posé par l’opinion et confère une forme de légitimité à un discours passionnel qui poussé à l’extrême cristallise les craintes autour d’une catégorie de citoyens.

 

La rupture est dorénavant officielle. Elle rend l’action politique nécessaire, elle apporte une légitimité qui justement venait à manquer. Il y a d’une part la droite qui souhaite apporter Sécurité, et la Gauche : Rassembler (quelques doutes sur Manuel Valls). Ainsi, les principaux acteurs de la vie politique française trouvent dans ce débat l’opportunité de s’illustrer et de proposer des solutions pour conjurer le mal qui paradoxalement se nourrit en partie de leur discours. Ils ont la certitude de la solution… mais a-t-on seulement une idée du problème ?

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