Un matin, j’ai entendu sur une radio économique bien connue des entrepreneurs que les marchés allaient nous sanctionner si nous ne réduisions pas notre dette. Quelques dégradations de note plus tard, il semblerait que la question de la dette soit un peu plus complexe que cela.
Le taux d’endettement n’est pas l’unique critère pris en compte par les opérateurs de marché. Ils tiennent compte notamment de la profondeur du marché, du nombre de contreparties, ainsi que du sens des flux (acheteurs / vendeurs). Durant la crise de la dette, d’autres éléments sont également entrés en ligne de compte. Par exemple, la garantie accordée par le FESF au Portugal, à l’Irlande et à la Grèce a permis un retour des investisseurs chevronnés sur les marchés secondaires de titres de créance de ces pays.
Concernant la France, les choses sont plus simples qu’il n’y paraît :
- Le système de prélèvement fiscal français est efficace. L’Etatssait très bien collecter les impôts. Cela rassure les opérateurs de marché quant à la capacité des la France à honorer le paiement des intérêts d’emprunt
- La France bénéficie encore d’une des meilleures notations en UE. En outre, les obligations françaises sont acceptées en collatéral auprès de la BCE pour l’octroi de prêt.
- Beaucoup de contreparties sont présentent sur les titres français ce qui garantit un certain niveau de liquidité.
- Une part significative des OAT sont détenues par des investisseurs de long terme, notamment assureurs, ce qui offre une certaine stabilité du passif et limite les flux vendeurs en cas de turbulence sur les marchés.
En fait, la dette française en tant qu’instrument financier, est plutôt bien gérée. Les marchés n’ont pas de couleurs politiques. L’arrivée de F. Hollande n’a par exemple pas entrainé de krach boursier. L’argument qui vise donc à en faire un prétexte systématique pour les réformes est donc fallacieux...