Il y a un an, une étude de l'Insee http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ENTFRA13.pdf nous révélait que près d'un salarier sur deux en France travaillait dans une firme multinationale. Aujourd’hui, cette simple phrase nous permet en partie d’expliquer les raisons pour lesquelles le chômage ne diminue pas : l’économie Française est trop dépendante des firmes multinationales et crée trop peu d'entreprises.
Depuis la crise de 2008, les grandes entreprises ont globalement adopté des stratégies plus défensives, en privilégiant leur bonne santé financière plutôt que la croissance organique. Comprendre, économies plutôt qu’investissements et embauches. De même, les stratégies de conquête de ces firmes se retreignent actuellement à des fusions acquisitions dont le but est de bénéficier d’effets de synergie sur une ou plusieurs lignes de métier … et donc de faire des économies tout en augmentant la production. Quand ces opérations sont bien menées, elles permettent bien évidemment de rendre les entreprises plus efficaces sur le plan financier… mais en général cela se fait rarement sans heurts sur le plan de l’emploi… le salaire est une charge, ne jamais l’oublier.
A l’inverse les PME et les ETI qui en France contribuent fortement à la création de l’emploi (http://www.challenges.fr/economie/20120531.CHA7041/en-france-ce-sont-les-pme-qui-creent-de-l-emploi.html) pâtissent fortement de la crise en raison notamment du resserrement du crédit bancaire, c’est pour cette raison que la BPI a été créée. Contrairement aux grandes entreprises qui se financent directement via les marchés financiers (émissions d’obligations par exemple) sans ligne de crédit bancaire, il est presque impossible pour une entreprise de petite taille d’assurer son développement. Depuis, le Medef est passé par là. Montebourg est arrivé et tous font la danse du ventre aux PME… mais au delà de la question du financement des PME, c’est la création d’entreprises qu’il faut globalement stimuler, ce que nous ne savons pas faire … En fait, la peur du risque est endémique à la France, or c’est justement ce dont nous avons besoin pour augmenter le nombre de création d’entreprises.
Le consommateur joue également un rôle essentiel car notre mode de consommation s’oriente en priorité vers des produits fabriqués par de grandes entreprises… pour une raison de coût me direz-vous… Mais dans les faits, ce n’est pas une raison suffisante, si l’on prend l’exemple de l’alimentation, en substituant les produits industrialisés des grandes marques par des produits frais et si possible bio issus d’une production régionale, le différentiel en termes de coût est marginal. Cela nécessite néanmoins de passer plus de temps en cuisine.
Dans les faits, le retour de l’emploi passe inexorablement par le développement de la production locale et régionale (création de PME et d’ETI) à laquelle le consommateur doit adhérer sans quoi… il est peu probable que la courbe du chômage se retourne.