Dogmatisme, quand tu nous tiens...

Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, est récemment sorti de son silence pour exprimer son soutien à la privatisation totale du groupe ADP. Errare humanum est (à supposer que l'on puisse parler d'erreur), perseverare diabolicum.

Un «choix rationnel si l’on considère que le désendettement de la France est une priorité». C'est en ces termes que Dominique de Villepin a commenté dernièrement, sur BFMTV, la décision du Gouvernement, entérinée par une Assemblée nationale aux ordres, de vendre les parts que l'État possède encore dans le groupe ADP (Aéroports de Paris).

Qu'il est loin, notre flamboyant Ministre des Affaires étrangères, qui, ultime soubresaut du gaullisme, défiait l'Oncle Sam à propos de la question irakienne, devant l'Assemblée générale des Nations-Unies.

Le même individu, devenu chef du Gouvernement, s'empressa de brader les sociétés concessionnaires d'autoroutes (mouvement initié, soit dit en passant, dans les derniers mois du gouvernement de la gauche plurielle, avec un communiste au ministère des Transports, le comble).

Calcul à courte vue, certes tout bénef pour Vinci, Eiffage et consorts, dont il résulta une hausse des tarifs supportés par les usagers sans que l'amélioration de la qualité soit au rendez-vous, associée à une perte de recettes pour l'État.

Aujourd'hui, même la Cour des Comptes, peu suspecte de laxisme budgétaire ou d'étatisme à tous crins, juge sévèrement cette opération.

Mais qu'à cela ne tienne, continuons sur la même voie et tout ira pour le mieux...

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