Le rassemblement, c'est urgent.

Pour échapper à la purge néolibérale promise par François Fillon dans le cas où il accéderait à la magistrature suprême, des regroupements paraissent s'imposer: celui de l'espérance et celui du moindre mal.

La victoire sans appel de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, il y a 10 jours, sonne comme le retour en force d'une droite dure et revancharde. Cette tendance politique, que je crois minoritaire dans le pays et peut-être même au sein de l'électorat de droite, vient de faire la démonstration qu'elle est en mesure de triompher si elle se mobilise.

Le candidat adoubé, qui a de sérieuses chances de l'emporter par défaut au second tour face à Marine le Pen, compte tenu de l'actuelle déliquescence de la gauche française, promet au pays une régression sociale sans précédent par son ampleur, régression dont la perspective fait frémir jusqu'à Alain Madelin.

Face à cette sombre perspective, l'heure n'est plus aux querelles d'egos ni de chapelles.

Bien sûr, François Hollande porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle, lui qui n'a eu de cesse, sitôt élu à la présidence de la République, de trahir celles et ceux qui lui avaient accordé, bon gré mal gré, leur confiance; il s'apprête maintenant à quitter la scène.

Bien entendu, une réédition de l'union de la gauche des années 1970 sous la forme d'une coalition allant de Jean-Luc Mélenchon (voire Nathalie Arthaud) à Emmanuel Macron paraît inenvisageable compte tenu des divergences criantes en matière économique et sociale.

Alors, que faire, sinon attendre la débâcle tant annoncée et espérer une recomposition du paysage politique dans la foulée?

Et si la recomposition, qui passe selon moi par la dissolution du PS, intervenait avant le premier tour de la présidentielle (lors de la primare socialiste, fin janvier, par exemple, ou même avant)?

En effet, les positions affichées par les frondeurs du PS sont, somme toute, peu éloignées de celles de la France insoumise (je ne parlerai pas du NPA ni de LO qui, enfermés dans leur logique sectaire, s'accomoderont une nouvelle fois de leur marginalité), même si l'on peut déplorer le manque d'ardeur dont ils ont fait preuve au cours de la mandature écoulée.

Manuel Valls et Emmanuel Macron, quant à eux, pourraient se retrouver dans une alliance, au moins tactique, avec François Bayrou, voire avec une partie de l'UDI, que les positions extrêmes de François Fillon indisposent.

Dans ces conditions, les hypothèses d'un ticket de gauche Mélenchon-Montebourg et d'un ticket centriste Valls-Macron prennent leur sens.

De tels regroupements n'ont en effet rien d'incongru, même s'ils impliquent quelques compromis.

Ils auraient surtout l'avantage de permettre des scénarios alternatifs à celui qui, pour l'heure, semble se dessiner.

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