Tristes tropiques

Monsieur Lévi-Strauss,

Je ne sais si ce message vous parviendra, là où vous vous trouvez désormais.

Je me souviens que, quelques années avant de quitter ce monde, vous faisiez part de votre désarroi face aux évolutions en cours, lors d'une apparition à la télévision française.

Hélas, c'est peu dire que les derniers événements survenus au Brésil, pays avec lequel vous avez entretenu, tout au long de votre vie, un lien privilégié, devraient confirmer vos craintes.

En effet, la forêt amazonienne, souvent présentée comme le poumon de la planète, risque d'être livrée comme jamais auparavant aux tronçonneuses des rapaces du profit à court terme.

Les populations indiennes dont vous avez partagé le quotidien sont en danger d'extermination.

Je ne vous demanderai pas de lancer un appel à la raison, qui aurait, de toute manière, fort peu de chances d'être entendu par les fanatiques qui s'apprêtent à exercer le pouvoir à Brasilia.

Je terminerai simplement ce billet en vous souhaitant d'avoir trouvé un monde plus beau que celui qu'il m'est actuellement donné de voir.

Avec mon plus grand respect.

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