Répression en Egypte : ils ont tué Chaïma!

La Révolution assassinée !

Chaïma Essabagh n’avait que 34 ans. Elle est tombée ce samedi 24 janvier 2015 sous les coups de chevrotine de la police de répression du nouveau régime égyptien, sur la place Tahrir. Cette place de la liberté pour laquelle avant elle en janvier 2011, 700 Egyptiens étaient morts. Parce qu’ils voulaient la liberté, ils furent assassinés par le régime Moubarak qu’ils finiront malgré tout par chasser. Cette fois ce n’est plus le vieux despote qui a tué mais son continuateur le maréchal Al-Sissi.

Voici le temps des criminels revenus, le temps des tyrans bourreaux de leur peuple. Voici Al-Sissi usurpateur de la voix populaire, ennemi de la liberté et de la révolution qu’il a décidé d’anéantir, le temps de l’état autoritaire et fossoyeur des aspirations et des espérances donnant ordre à ses sbires de faucher toute contestation d’où qu’elle vienne.

 Chaïma faisait partie de l’Alliance socialiste populaire, un petit mouvement politique laïc et progressiste paru en pleine révolution égyptienne en 2011. Avec ses camarades elle était venue sur la place Tahrir fêter le quatrième anniversaire de la révolution et rendre hommage à ceux qui avaient donné leur vie pour que l’Egypte soit ce qu’elle mérite d’être, oum el-dounia, la mère du monde, prodigue et généreuse pour ses enfants.

La veille le régime du maréchal avait interdit toute manifestation, notamment celle appelée par les Frères musulmans. L’Alliance socialiste populaire avait appelé de son côté à manifester un jour avant, le samedi plutôt que le dimanche, histoire de se démarquer des Frères musulmans. Cela n’aura servi à rien, les nervis du maréchal ne font pas dans le détail : toute contestation à son ordre est à écraser.

Elle n’avait pour seule arme que des fleurs.

Ici on meurt pour des dessins et là-bas pour des fleurs.

Je te pleure Chaïma. Je te pleure en sachant que ce régime ne fera pas long feu, il est déjà condamné. Pour les mêmes raisons qui ont fait que l’autre dictateur fut chassé, un jour ou l’autre les consciences s’éveilleront à nouveau.

Le peuple fera tomber le maréchal !

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