Ma petite entreprise politique

Nous vivons une époque formidable !Je ne parlerai pas des grosses entreprises politiques, elles font les gros titres et les yeux doux à longueur de 20h.

Nous vivons une époque formidable !

Je ne parlerai pas des grosses entreprises politiques, elles font les gros titres et les yeux doux à longueur de 20h. Totalement déconnectées de ce sur quoi elles reposent, « leur base », elles surfent sur les sommets ensondagés et les coups médiatiques comme les traders sur les pics des matières premières ou des marchés titrisés.

Non, les petites entreprises politiques, c'est l' étage en dessous, les prolos, les BRIC de la politique. Elles sont en devenir en attendant le moment propice pour reprendre le flambeau et émerger du tumulte. Leurs meneurs sont dans les coulisses depuis des lustres et ne voient jamais assez vite leur tour arriver. Les dents blanches et longues sont en mal de projecteurs, de plateaux télés et de parquets à rayer.

Comment exister dans des appareils gigantesques qui broieraient n'importe quel élément inférieur à la taille d'un éléphant ou même d'un âne. Comment leur en vouloir ? Ces grosses entreprises sont une négation même de leurs éléments constitutifs, de leur base, des individus ! En faisant tout achopper sur leurs leaders charismatiques elle opèrent une méritocratie vide de tout mérite autre que celui d'énoncer plus fort que les autres des contenus plus vide que ceux des autres.

Comment exister ? Le seul moyen, la séparation, la dissidence, la scission, le schisme. Partir !quitter la mère nourricière pour fonder une nouvelle famille, une nouvelle branche, un nouvel ensemble, de nouvelles alliances tout en proférant que l'on a la solution. Espérant au mieux se faire remarquer pour décrocher un poste, une récompense, une affiliation auprès de ceux qui aujourd'hui sont en décomposition à force de compromissions et de corruptions passives, actives, philosophiques ou matérielles.
Tirant sur tout ce qui bouge dans la tempête actuelle, qui sait, les survivants ramasseront les miettes et emporterons peut-être la mise. Et pourquoi pas ? La situation est tellement trouble, un peu plus de désordre amènera sans doute quelque chose de... différent ? À défaut d'être nouveau.
Espérons juste que ce soit moins pire. En regardant les égos à l'oeuvre on peut se poser quelques questions et avoir quelques doutes...

Bien commun... Bien commun ? Démocratie directe et participative, tirage au sort, expertise partagée ! Tout un vocabulaire à réinventer...

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