Non, le mieux c'est pas le pire !

éléments de réflexion sur le monde qui vient

extrait d'un article de JosephConfavreux publié par Médiapart le 10 septembre 2021

« D’abord, la terreur djihadiste, exercée en Orient ou projetée en Occident, a profondément bouleversé nos rapports à la politique et plus spécifiquement aux formes que doivent y prendre les conflits. Dans un livre d’entretiens retravaillés, étrangement traduit sous le titre, Le « Concept » du 11 septembre mais initialement publié de façon plus claire sous l’intitulé Philosophy in a Time of Terror, les penseurs Jürgen Habermas et Jacques Derrida prenaient, chacun depuis sa propre trajectoire, la mesure du déplacement imposé par l’événement du 11-Septembre.Depuis ce jour, avouait Habermas, « je ne cesse de me demander si au regard d’événements d’une telle violence, toute ma conception de l’activité orientée vers l’entente, celle que je développe depuis La Théorie de l’agir communicationnel, n’est pas en train de sombrer dans le ridicule ».Quant à Jacques Derrida, il concédait : « Dans ce déchaînement de violence sans nom, eh bien, si je devais le faire dans une situation binaire, je prendrais partiMalgré mes réserves radicales au sujet de la politique américaine, voire européenne, voire, plus largement encore, envers la coalition “internationale antiterroriste”, malgré tout, malgré toutes les trahisons de fait, malgré tous les manquements à la démocratie, au droit international, aux institutions internationales que les États de cette “coalition” ont eux-mêmes fondées et soutenues jusqu’à un certain point, je prendrais parti pour le camp qui laisse, en principe, en droit, une perspective ouverte à la perfectibilité au nom du “politique”, de la démocratie, du droit international, des institutions internationales, etc… » »

Je partage le point de vu de Jacques Derrida mais, pour ne pas confortablement m'abriter, uniquement, derrière un grand intellectuel j'ajoute quelques éléments rudimentaires de ma propre réflexion : 

Je serais avec les croyants qui croient et/ou qui font semblant de croire contre ceux qui, le cas échéant, voudraient, brûler leurs livres de références, fermer leur mosquée leur synagogue ou leur église ;

Je suis avec les non croyants qui s'opposent à une loi contre le blasphème qui ne leur permettrait plus de dire qu'ils ne croient pas parce que Moïse, Jésus et Mahomet sont, au mieux des illuminés, au pire des charlatans ;

J'ai bien conscience que le « robespierrisme » et la dictature du prolétariat ont perdus la partie et qu'on ne peut pas le regretter, mais toutes les classes sociales ne peuvent pas s'en réjouir au même point;

J'ai bien conscience que Waren Buffet à raison de dire que sa classe sociale a gagné la lutte des classes ... 

mais je suis toujours avec ceux qui s'opposent au capitalisme et plus fondamentalement à son esprit ;

 Et je suis toujours, malgré Robespierre et Staline qui, paraît-il, l'étaient aussi, du côté de Jean-Jacques Rousseau qui a pronostiqué que les « enclosures » feraient le malheur de l'humanité, bien que cette pensée ait provoqué l'ire de Voltaire qui y a vu, lui, bien au contraire, une avancée du progrès humain. Mais, selon moi, Rousseau avait ainsi décelé avec raison que « les enclosures » seraient une des grandes étapes de la progression de l'esprit du capitalisme dans l'esprit humain alors qu'il y avait peu de place auparavant ;

Car, contrairement à mon illustre voisin (Bruno Durieux) je ne pense pas que l'esprit du capitalisme, a depuis toujours prévalu dans l'esprit humain mais je crois, par contre, qu' aujourd'hui l' esprit du capitalisme a pris le contrôle de l'esprit de l'homme quelle que soit sa couleur de peau ; 

Et si Robespierre et Staline n'ont pas pu changer le cours de l'évolution de l'esprit humain c'est probablement parce qu'il était déjà trop tard ; il ne faut donc pas renouveler l'expérience !

Alors que faire ?

Certainement pas signer le manifeste d'intellectuels autoproclamé antiracistes qui seraient plutôt, selon moi, des acteurs, dans le meilleurs des cas involontaires, du « pire c'est le mieux »;

Mais, peut être, avoir l'intelligence de trouver dans l'ère de l'Anthropocène de nouveaux éléments permettant de redonner du souffle à ce qu'on appelait, de mon temps, la lutte des classes mené à ses début par des prolétaires européens, donc majoritairement blancs de peau et non pas de race, parce que les races n'existent pas et que ce concept est lui même raciste.

 

Ainsi soit-il.

 

 

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