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Billet de blog 15 février 2011

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Les Islandais pas "sans culottes", d'accord ! Mais culottés, non ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Sur le blog de Christiane Boulanger Jean-Pierre Simonetti modère l'enthousiasme de ceux qui croient avoir découvert en Islande les prémices d'une révolution des peuples européens. Les renseignements qu'il a glané sur la situation du pays sont effectivement de nature à nous éclairer sur une successions d'évènements, inimaginables en France, mais qui, semble-t-il, dans l'esprit des islandais, ne remettent pas en cause les fondements d'un système économique dont le pays a bien su profiter jusqu'à l'éclatement de la bulle financière... Cependant, sans exagérer la hardiesse du geste, il n'est pas courant qu'un Chef d'Etat montre, publiquement, sa réticence à rembourser la dette publique... selon les modalités imposées par les préteurs. Et que par 93% des suffrages exprimés, le peuple, consulté, ne lui ait pas donner quitus pour le faire; il y a là de quoi dire: c'est gonflé ! Cette insoumission populaire, suscitée par le gouvernement islandais aura, très probablement, des effets désastreux pour les banques étrangères. Les conditions de remboursement, qui seront votées par le parlement, risquent de ne pas être celles qu'elles auraient obtenues si ce référendum n'avait pas eu lieu... Mais peut-être faut-il dire aussi que l'Islande a su tirer profit de sa non appartenance à la zone euro, ce qui contredit nombres de discours sur le rôle protecteur de la monnaie unique. C'est en tout cas ce que ne crains pas de suggérer "Alternatives Economiques"* journal pourtant aussi peu eurosceptique qu'il est possible de l'être. En résumé, s'il ne faut pas faire des islandais les nouveaux "sans culottes" du XXIème siècle il n'en demeure pas moins vrai qu'il y a des enseigenements à tirer de la gestion d'une catastrophe annoncée par un pays qui , en 3 ans, a réduit de moitié sa dette extérieure brute qui était en 2007 de plus de 600% du PIB et qui , en 2011, devrait avoir, hors charges d'intérêts, des comptes publics exédentaires*....

Le principal enseignement que personnellement je retiens c'est que le gouvernement islandais, parce que le peuple ne l'a pas permis, n'a pas abdiqué face aux exigences des marchés financiers sans frontières. En France, le gouvernement abdique, mais les citoyens approuvent-ils ? Il faudrait leur demander.

* Alternatives Economiques n° 299-février 2011

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