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Billet de blog 4 août 2012

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"Politique" 2

"D'énormes glissements de terrain se font en deçà de l'État, suivant des lignes de pente ou de fuite affectant principalement : 1° le quadrillage du territoire ; 2° les mécanismes d'assujettissement économique (nouveaux caractères du chômage, de l'inflation...) ; 3° les encadrements réglementaires de base (crise de l'école, des syndicats, de l'armée, des femmes...) ;

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"D'énormes glissements de terrain se font en deçà de l'État, suivant des lignes de pente ou de fuite affectant principalement : 1° le quadrillage du territoire ; 2° les mécanismes d'assujettissement économique (nouveaux caractères du chômage, de l'inflation...) ; 3° les encadrements réglementaires de base (crise de l'école, des syndicats, de l'armée, des femmes...) ; 4° la nature des revendications qui deviennent qualitatives autant que quantitatives ("qualité de vie" plutôt que "niveau de vie") - tout cela constituant ce qu'on peut appeler un droit au désir. Il n'est pas étonnant que toutes sortes de questions minoritaires, linguistiques, ethniques, régionales, sexistes, juvénistes, resurgissent non pas seulement à titre d'archaïsmes, mais sous des formes révolutionnaires actuelles qui remettent en question, de manière entièrement immanente, et l'économie globale de la machine, et les agencements d'États nationaux. Au lieu de parier sur l'éternelle impossibilité de la révolution et sur le retour fasciste d'une machine de guerre en général, pourquoi ne pas penser qu'un nouveau type de révolution est en train de devenir possible, et que toutes sortes de machines mutantes, vivantes, mènent des guerres, se conjuguent, et trace un plan de consistance qui mine le plan d'organisation du Monde et des États ? Car, encore une fois, le monde et ses États ne sont pas plus maîtres de leur plan, que les révolutionnaires ne sont condamnés à la déformation du leur. Tout se joue en parties incertaines, "face à face, dos à dos, dos à face...". La question de l'avenir de la révolution est une mauvaise question, parce que, tant qu'on la pose, il y a autant de gens qui ne deviennent pas révolutionnaires, et qu'elle est précisément faite pour cela, empêcher la question du devenir-révolutionnaire des gens, à tout niveau, à chaque endroit".

               Gilles Deleuze, "Dialogues", extrait suite et fin.

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