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Il reste 25 jours avant l'élection présidentielle et Manuel Valls déserte la campagne de Benoît Hamon.

Aujourd'hui, Manuel Valls a annoncé qu'il voterait Emmanuel Macron, enterrant ainsi définitivement le reste de crédibilité dont pouvait bénéficier la primaire de la "Belle Alliance Populaire". Déjà, on ne voyait pas bien ce que la beauté venait faire là. Ensuite, on s'est pris à douter du côté populaire de l'affaire quand la quasi-totalité des débateurs a passé son temps à taxer d'irréalistes et de rêves éveillés les quelques propositions prenant un sens contraire à l'austérité. Voilà à présent qu'il ne s'agit même plus d'une alliance puisque les participants soutiennent des candidats concurrents. Valls dit agir ainsi car la candidature de Benoît Hamon est affaiblie. Affaiblie surtout par les défections massives des responsables PS qui se mettent à soutenir Macron en espérant récupérer des portefeuilles ministériels, ils savent bien que malgré son image de renouveau politique le mouvement En Marche ! manque cruellement de cadres.

Manuel Valls dit aussi vouloir faire barrage à Mme Le Pen. Vous avez bien lu, l'homme qui a appelé l'islam "à la discrétion", qui a déclaré que les Rroms avaient "vocation à retourner en Bulgarie et en Roumanie", qui a appelé l'Europe à fermer la porte aux réfugiés, qui estimait que la victoire de Donald Trump marquait "le besoin de réguler l'immigration", l'homme de la déchéance de nationalité, celui qui a doté le futur exécutif de pouvoirs discrétionnaires conséquents grâce à l'état d'urgence estime être un rempart face à l'extrême-droite. Alors qu'il n'a eu de cesse que de céder du terrain à cette dernière en reprenant ses éléments de langage puis en s'engageant sur la voie de l'autoritarisme. Si elle accède un jour au pouvoir, Marine Le Pen pourra remercier M. Valls qui aura préparé l'opinion publique à accepter son discours et qui lui aura donné des outils pour transformer celui-ci en actes. D'un côté je suis content que le Parti Socialiste se déchire entre ceux qui sont passé à droite et ceux qui restent sociaux-démocrates. Ceux qui prévoyaient l'avènement d'une nouvelle ère politique sans droite ni gauche en prenant comme exemple de mutation réussie le PS peuvent aller se rhabiller.

Comme réaction, M. Hamon n'a rien trouvé de mieux à faire que de proposer une nouvelle fois à Jean-Luc Mélenchon et aux communistes de le rejoindre. Sait-il maintenant qu'il tient le second rôle à gauche ? Comme je l'ai dit hier, il est difficile de reprocher au candidat du PS de ne pas se ralier purement et simplement à un autre candidat mais quelles options lui restent-il ? Il pourrait bien sûr profiter de la scission avec les libéraux du PS pour mettre la main sur le parti. Encore faudrait-il qu'il survive à la raclée qui s'annonce pour la présidentielle.

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