La prochaine proie de Malakoff Médéric : un colosse aux pieds d’argile.

Les tentatives de croissance externe de ce groupe leader de l’assurance aux personnes semblent insatiables et Malakoff Médéric n’a probablement pas fini de faire son marché. On ne compte plus les marchés facilement acquis, ni les tentatives de rapprochement avortées ou même, bloquées par l’ACP, l’autorité de contrôle (et dont Médiapart s’était d’ailleurs fait l’écho ici et ici.).
On se souvient qu’en janvier 2009 Malakoff Médéric avait raflé 170 000 adhérents lors de deux marchés consécutifs à la fusion ASSEDIC-ANPE et la réforme de leurs Complémentaires Santé. La Caisse Nationale de Prévoyance (organisme contrôlé en partie par l’état) a récemment suivi l’avis de la Banque de France et renoncé à la dernière minute au projet de Guillaume Sarkozy (président de Malakoff Médéric et frère de qui on sait) de créer une société commune dans le domaine de la retraite complémentaire.
Les motivations du patron de Malakoff Médéric sont assez lisibles : les grands opérateurs privés font le pari que la réforme des retraites aboutira à l'asphyxie financière des régimes par répartition et que les systèmes par capitalisation s’imposeront d’eux mêmes. C’est donc la course à la croissance en attendant ce temps béni.
D’autres se sont déjà lancés dans la course : Axa et Novalis cherchent à s’allier, Générali a renforcé dès 2008 ses liens avec le groupe Mornay, lui-même en négociation avec le groupe paritaire D&O et la Mutuelle Générale, Réunica et Pro BTP…
Mais il y a un autre facteur qui vient opportunément servir les intérêts de Malakoff Médéric : c’est la nécessité imposée par Bruxelles aux sociétés d’assurance de respecter un niveau minimal de solvabilité. Le projet Solvabilité2 dont la date butoir est fixée au 1er janvier 2013 et sur laquelle il ne semble pas y avoir de report possible.
Or si l’on observe les ratios de solvabilité des principaux acteurs de la protection sociale il en est un qui semble être une proie de choix en offrant une double opportunité à Malakoff Médéric : apporter un volume considérable d’adhérents dans la corbeille et surtout être aux abois quant à son obligation de solvabilité ce qui le condamne à accepter la première offre qui se présentera.
Les GPS (Groupes de Protection Sociale) se portent en général plutôt bien mais AG2R-La Mondiale fait figure de colosse aux pieds d’argile.
Il s’agit du n°2 en termes de volume de cotisations derrière Malakoff Médéric. Une telle alliance conforterait la première place de Malakoff Médéric et le mettrait à l’abri de toute tentative hostile pour l’absorber.

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