Retour sur les deux premiers jours du festival

Le week-end est arrivé dans notre Week-end à l'Est. Attendent les visiteurs, des rencontres littéraires à la Librairie polonaise, des films au Christine Cinéma Club, dont L'envers d'une histoire, de notre marraine Mila Turajlić, que nous retrouverons ce soir à l'Espace des femmes aux côtés de sa mère, Srbijanka Turajlić. En attendant : petit compte-rendu des deux premiers jours du festival.

Dans les coulisses des Beaux-Arts de Paris avec Milena Bogovac © S.C. Dans les coulisses des Beaux-Arts de Paris avec Milena Bogovac © S.C.

Elles étaient bien remplies, ces deux premières journées d'Un week-end à l'Est / Belgrade. Des rencontres littéraires – littérature contemporaine à l’INaLCO, avec le trio Basara, Petrović et Lukić, et littérature classique à L’Écume des pages avec l’hommage à Ivo Andrić et Danilo Kiš ; des rencontres autour de l’Histoire, à travers le travail des dessinateurs Aleksandar Zograf et Edmond Baudoin, les photos de Goranka Matić (dans une contextualisation magistrale par la docteure Milena Dragićević Šešić, aussi brillante que désarmante de simplicité, et Laurent Geslin, journaliste au Courrier des Balkans) et les films d’archives présentés par Mila Turajlić au cours de son échange avec le politologue Jacques Rupnik sur la naissance du mouvement des non-alignés ; des concerts : LP Duo à l’auditorium Saint-Germain devant un public conquis et les notes enlevées des virtuoses sœurs Bizjak vers la voûte constellée de l’église Saint-Germain-des-Prés remplie à craquer de fidèles à la musique ; les premières projections au Christine Cinéma Club, dont celle en présence d'une Ivana Mladenović, invitée à l’occasion de la programmation de Ivana the Terrible, très fière de présenter pour la première fois l’un de ses films à Paris.

À souligner, la performance théâtrale donnée aux Beaux-Arts de Paris et issue d’une collaboration fructueuse entre la dramaturge et scénariste Milena Bogovac et des étudiants des Beaux-Arts. Mérite d’être souligné, l’enthousiasme de ces étudiants, parfaitement investis, qui entraînent les visiteurs à leur suite dans un parcours parsemés de surprises, créant au moyen du jeu théâtral, des ambiances, de la musique, tantôt un sentiment de malaise, tantôt d'émerveillement, oscillant entre sérieux et humour, dans ce lieu historique que sont les Beaux-Arts. La visite de la chapelle, avec ses trésors éclairée aux bougies, valait à elle seule le déplacement. Les visiteurs sont ressortis avec le sentiment d’avoir eu droit à une visite privilégiée et en emportant un peu de la fantaisie, de la légèreté heureuse, mais aussi une part des questionnements auxquels doit faire face un étudiant aux Beaux-Arts.

Deuxième représentation ce soir, à 18h. Avec Milena Bogovac et les étudiants Assiatou Dramé, Sophie Torell, Emmanuel Van der Elst, Alice Peynaud, Leonie Porchet, Daniel Galicia, Caroline Ailleret et Félix Touzalin. Rendez-vous à la colonne, dans la cour des Beaux-Arts.

Les visiteurs l'auront peut-être croisé, sinon ils viendront le voir tout à l'heure (15h, Librairie polonaise, avec Aurélien Bellager), l'écrivain Goran Petrović, avec une attelle au doigt. Quand on lui demande ce qu’il a, il répond « je ne sais pas, je me suis réveillé comme ça ». Quand il rentrera en Serbie, dit-il, il brandira son attelle en disant « voici la seule pièce de vêtement que j’ai achetée à Paris ». « L’élégance à la française », sourit-il. 

L'écrivain Goran Petrović © S.C. L'écrivain Goran Petrović © S.C.

 

Par Suzanne Côté

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