09/03/15
Les gourmands
Le jour de la quête de nourriture par les « restos du cœur » , au passage saluons les associations qui font que la population vivote grâce à la charité ….comme au moyen –âge, les « escapades de Petit- Renaud » ( sur la 5) nous ont fait goûter à la cuisine très appréciée , mais sans chichis , du « Grand Véfour » ( 3 étoiles.)
En ces temps de misère, de mal bouffe, de tri dans les poubelles , de glaneurs en fin de marché , le gastronome a commis , pour le moins , une faute de goût qui frôle la provocation. Ceci d’autant plus que nous avons eu droit , sur la 2 , au quotidien d’un trois étoiles en station de sports d’hiver. Il découle de ces spectacles indécents que la base de la nourriture actuelle pour certains serait la truffe ( Ha ! la truffe, la truffe !) et que , sachez le bien, la coquille St Jacques se DOIT d’être enrobée de caviar. Ayant été élevé au civet de « mou » de veau et à la tartine de saindoux salé je ne suis pas contre une certaine évolution de la gastronomie . Ce qui me surprend ce n’est pas l’art culinaire des chefs , leur inventivité ( qui doivent susciter notre admiration sans bornes ….comme chaque fois qu’un « chef » œuvre et ceci quel qu’il soit) mais l’inconscience , l’impudeur, l’ignorance crasse du ressenti des exclus ….de tous ceux qui nous font miroiter, parfaitement à l’aise, les banquets raffinés dont se goinfrent nos élites , le luxe de leurs demeures , de leurs yachts ,de leurs putes de luxe , leur consommation sans limite qui fait exploser les coffre-fort de l’industrie du luxe. Quelques malveillants nous informent de leur capacité à peaufiner l’optimisation fiscale , à faire suer le bleu de travail , à utiliser les paradis fiscaux pour berner le fisc et à mettre en place les « bons politiques » au pouvoir qui leur garantirons la continuité de « leur « monde ….qui n’est pas le notre.
Pensez vous qu’ils pensent à nous un instant ? Absolument pas …cela leur gâcherait le dessert . Ils ont bonne conscience , persuadés que les pauvres abusent de l’assistanat abondé par les impôts que l’Etat leur arrache.
Ils sont certains que les privés de tout ne bougeront pas , qu’ils en sont incapables puisque les syndicats sont émasculés , que l’assistanat équivaut à un anesthésiant et que le bienvenu chômage rend impuissant les « classes dangereuses » . Finalement ils sont insatiables et incapables de penser qu’une révolte est possible et que celle ci les priverait de leurs privilèges.
C’est exactement l’état d’esprit qui prévalait dans l’aristocratie en 1788.