Napoléon 1er ? Un assassin de retour au Golfe-Juan !

On commémore au Golfe-Juan le bicentenaire du débarquement de l’île d’Elbe en ce moment. France 3 effectue un reportage et l’on sent poindre un certain regret de la part des spectateurs qui évoquent cet homme fort et décisionnaire qu’ils aimeraient avoir aujourd’hui. Si on doit à Napoléon la mise en place de certaines structures en France qui existent encore aujourd’hui, il ne faut pas oublier que toute son aventure fut un échec. Sous couvert de porter les idées de la Révolution, il va endeuiller toute l’Europe et laisser aux français un pays plus petit qu’il ne l’avait trouvé au départ.

Napoléon débarque au Golfe Jouan

Napoléon débarque au Golfe Jouan

Une hécatombe.

Il est difficile d’avoir des chiffres très précis, du fait de la comptabilité de l’époque, mais les historiens, au travers de leurs recherches, on établit des fourchettes très crédibles : Napoléon c’est entre 3.250.000 et 6.500.000 morts ; un massacre.

Détaillons : il y a entre 2,5 et 3,5 millions de morts militaires et entre 750.000 et 3 millions de morts civils. Rien que pour la France on dénombre 371.000 morts au combat, 800.000 morts de maladie ou de froid (en particulier pendant la campagne de Russie), 600.000 civils et 65.000 alliés (polonais pour la plupart.) Mais les adversaires qui se sont unis contre la France vont payer également : 120.000 italiens, 289.000 russes, 134.000 prussiens, 376.000 autrichiens, 300.000 espagnols, 312.000 britanniques. En tout deux millions.

Alors quand on voit nos concitoyens en mal de napoléonite aigüe, souhaitant un homme providentiel qui lui serait semblable pour redresser le pays, voilà le prix à payer qui, avec les moyens modernes, risquerait en plus d’être multiplié. Lorsqu’on les voit se recueillir devant ce bloc de quartzite rouge aux Invalides, on se demande s’ils feraient de même devant celui de Staline, de Mussolini (ils le font), devant celui d’Hitler (il n’y en a pas) ou celui de Mao Zedong et de Pol Pot.

Eh oui en honorant Napoléon, on encense un assassin, et en cherchant à réactiver une autorité forte, dans le pays et en Europe, on prend le risque de détruire la démocratie, donc la paix.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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