On ne compte plus les guerres intestines du parti de droite en vue des élections municipales. Les premiers adjoints se présentent contre les maires sortants ; ces derniers râlent et demandent le soutien des chefs et, de ce fait, Christian Estrosi se retrouve face à Eric Ciotti dans bon nombre de municipalités. Le combat des chefs est digne de la bande dessinée de René Goscinny et Albert Uderzo dans Pilote en 1964 !
Il est vrai que par manque d’opposition, les candidats de l’UMP voudraient bien prendre la place de leurs ainés et cette situation se développe petit à petit sur toutes les communes, des plus grandes aux plus petites ; rien qu’à Villefranche sur Mer on retrouve cinq candidats en lice, tous membres de l’UMP : un soutenu par Ciotti, l’autre par Estrosi et deux autres indépendants mais membres du parti majoritaire.
Plus amusant à la Turbie où le maire sortant UMP Nicolas Bassani ne se représentant pas, il envoie son troisième adjoint Jean-Jacques Raffaele qui subitement se trouve consacré par l’étiquette du parti, en vitesse, alors qu’il a face à lui un candidat, Patrick Launois qui est à l’UMP depuis belle lurette.
Gaston Franco et Eric Ciotti : Il y a longtemps... Déjà !
Mais le record vient d’une petite ville où les loups vont s’entredévorer : Saint-Martin-Vésubie possède un maire, Gaston Franco, en place depuis 1989. De 1985 à 2008, il a été conseiller général des Alpes-Maritimes. Mais le 16 mars 2008 une catastrophe imprévue se déroule à Nice : Éric Ciotti se fait ramasser lors des cantonales niçoises face au socialiste.
Adieu veau, vache, cochon, couvée, comment diriger le conseil général sans être élu ? Comment créer le tandem Estrosi-Ciotti ou ville-département ? C’est justement Gaston Franco, le maire de Saint Martin, qui va laisser sa place. En échange il obtient un soutien pour devenir député européen et surtout un poste, très bien rémunéré dit-on, de « conseiller spécial chargé des problématiques du développement durable » au cabinet du maire de Nice.
Lors de la sauterie organisée pour l’inauguration du stalag Allianz, on aurait vu Estrosi dans un coin, Ciotti dans un autre, et une entrée remarquée de Gaston Franco dont le regard lançait des scuds vers le président du conseil général. En effet, ce dernier a décidé de soutenir le premier adjoint de Saint-Martin, Christian Ayraut, qui se présente contre son maire. On retrouverait peut-être l’épouse du président du conseil général, Caroline Magne, sur sa liste.
Ces règlements de compte à l’UMP par candidats opposés ne tiennent pas compte de l’avis des électeurs ; certains se demandent même s’ils iront voter au printemps prochain. En attendant cette attitude et cette guéguerre imbécile ouvre largement la porte à l’extrême droite qui risque de s’y enfourner avec délectation.
Christian Gallo - © Le Ficanas ®