Alpes-Maritimes : 33 voix d’écart !

La vague Front national emporte la région PACA et tous les départements sauf un, les Alpes-Maritimes. Sur 402.685 électeurs ayant été voté, il n’y a que 33 voix d’écart entre Christian Estrosi et Marion Maréchal Le Pen.

Christian Estrosi sauve son score principalement sur les villes de Nice, Cannes, Antibes et Mandelieu. Car à Cagnes-sur-Mer, Grasse, Le Cannet, Menton, Saint-Laurent-du-Var, Vallauris, Beausoleil et d’autres communes c’est une vague bleu marine qui l’emporte. Résultat étonnant pour le département que l’on qualifiait comme étant le plus sarkozyste de France !

D’ailleurs la responsabilité de ce résultat appartient totalement à Nicolas Sarkozy (c’était la Saint Nicolas, hier) qui a imposé Christian Estrosi comme tête de liste, sans vote du parti. N’aurait-il pas été judicieux de demander aux membres de Les républicains de la région de choisir eux-mêmes ?

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La gauche veut-elle couler François Hollande ?

Quand Jean-Christophe Cambadélis annonce que le Parti socialiste se retire de trois régions, on se demande bien pourquoi. Sursaut d’union républicaine, alors que Sarkozy ne veut pas en entendre parler, ou bien ambitions présidentielles ? En effet, le retrait du Ps entraîne de fait la disparition des écologistes en même temps. Mais comment préparer l’élection de François Hollande en 2017 si il n’y a plus d’élus dans les régions ? Quelle démocratie va-t-il y avoir dans le Conseil régional PACA, s’il ne reste que l’extrême-droite et la droite extrême ?

Cela confirme le fameux déjeuner de Brignoles, il y a plusieurs semaines, entre Christian Estrosi et Christophe Castaner (souvent démenti d’ailleurs) où les accords auraient été posés. Quelles récompenses sont-elles prévues pour un tel désistement ?

Que prévoir ?

Marion Maréchal Le Pen a pratiquement fait le plein des voix. Elle peut récupérer 20.000 voix de chez Jacques Bompard, une partie de celles de Noël Chuisano, le candidat de Dupont-Aignan, mais surtout inciter à la participation.

Christian Estrosi va avoir du mal à trouver de nouveaux électeurs : dans les Alpes-Maritimes on ne voit pas les écologistes voter pour lui à cause du bétonnage intensif de la métropole. Sophie Camard et Jean-Marc Governatori représentent quand même plus de 10% des voix dans la région. Quant aux socialistes ce n’est pas évident non plus. En effet Christophe Castaner ne s’est pas désisté pour Estrosi. Il a tout simplement disparu du paysage politique. Estrosi va devoir agiter le drapeau anti fasciste, comme le fit en son temps de Gaulle avec les communistes.

L’échec de la gauche est normal ; c’est le cas de toutes les élections intermédiaires d’un gouvernement en place. Le retrait dans deux ou trois régions confirme la notion d’UMPS que dénonce Marine Le Pen.

Mais il y a également un échec de la droite et du centre. La vague bleue annoncée depuis des mois ne s’est pas produite et la direction voulue par Nicolas Sarkozy a été mise en doute par ses partenaires dès hier soir.

Les Alpes-Maritimes vont-elles être un département d’opposition dans une région fasciste ? Il faudrait être feu Madame Soleil pour l’annoncer dès aujourd’hui.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

 

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