Monaco: des buildings vont remplacer le Sporting d’hiver

Lorsque l’on construit le palais des Beaux-arts à Monaco en 1891, les autres bâtiments qui l’entourent, l’hôtel de Paris, le café de Paris, la totalité du Casino, sont déjà en place. L’édifice de l’architecte Jules Touzet possède les grandes technologies de construction de l’époque avec sa grande verrière et accueille de nombreuses expositions d’art et des rencontres scientifiques.

Lorsque l’on construit le palais des Beaux-arts à Monaco en 1891, les autres bâtiments qui l’entourent, l’hôtel de Paris, le café de Paris, la totalité du Casino, sont déjà en place. L’édifice de l’architecte Jules Touzet possède les grandes technologies de construction de l’époque avec sa grande verrière et accueille de nombreuses expositions d’art et des rencontres scientifiques.

le Palais des Beaux-Arts de 1891

En 1931, il est rasé pour laisser place à un bâtiment aux mêmes destinées que nous voyons aujourd’hui, dans l’esprit du Bauhaus typiquement Art Déco et dont la façade ressemble à celle du théâtre des Champs-Elysées à Paris. C’est l’œuvre de Charles Letrosne qui crée une opposition entre la façade austère et les salons luxueux qui vont offrir salles de jeux, d’expositions, de spectacles et restaurant, dans une ambiance club fermé destiné à la clientèle la plus fortunée. Aujourd’hui il renferme toujours une salle de conférences et un cinéma.

Le Sporting d'Hiver de 1931

Tout cela va disparaître. Richard Rogers (l’architecte du centre Pompidou) et l’architecte monégasque Alexandre Giraldi vont remplacer ce lieu par un espace réunissant 18.000 m2 d’appartements haut de gamme, 4.500 m2 de bureaux, 800 m2 de surface d’exposition et surtout 4.850 m2 de boutiques. La salle des arts serait reconstituée à l’identique.

Car le projet ne touche pas que la surface du sporting actuel mais déborde dans tout le quartier. Il va falloir huit années pour réaliser ce projet estimé à 600 millions d’euros. Si les quatre tours sur les jardins ne dépasseront pas 7 étages les trois autres sur le square Beaumarchais iront jusqu’à 11 étages. L’avantage est que ce projet ramènerait à la SBM 40 millions par mois, et le but est d’attirer une clientèle asiatique friande de boutiques de luxe.

Les futurs buildings

Mais les critiques ne manquent pas : la styliste Elizabeth Wessel, le chef Jean-Louis Grinda, l’ancien directeur du théâtre Princesse Grace, Patrick Hourdequin déplorent la destruction du bâtiment art-déco.

Les façades sur les jardins du casino

Elisabeth Wessel a même déclaré : « Les étrangers viennent découvrir une atmosphère très spéciale et unique, pour ne pas voir la même image que partout dans le monde ». Elle rajoute en parlant de la SBM : « J’ai peur qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis ».

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.