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Billet de blog 9 avril 2014

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Nice : hommage à Spaggiari

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Trois niçois se sont retrouvés enfermés dans le sous-sol de la Société Générale, avenue Jean-Médecin, tandis que le personnel fêtait ses bons résultats à l’étage au dessus. Ce qui aurait pu être banal sur le manque de sérieux du personnel d’une banque, devient cocasse quand il s’agit de la Société Générale de Nice. Alors petit retour en arrière, de 37 ans, pour remémorer aux plus jeunes cet événement qui a secoué Nice.

Albert Spaggiari devant la Société Générale

Le jeudi 10 mars 1977 à 15 heures, dans le cabinet du juge d’instruction du palais de justice de Nice, le prévenu se lève. Il s’approche du juge pour lui montrer un détail sur le plan étalé sur le bureau. Subitement, il ouvre la fenêtre, se jette dans le vide et tombe, huit mètres plus bas, sur le toit d’une voiture. Un complice est là, sur une moto, et l’évadé s’enfuit vers le boulevard Franck Pilate où il restera enfermé dans un appartement pendant plusieurs mois.

Albert Spaggiari, l’auteur du casse du siècle, vient d’échapper définitivement à la justice française. L’homme n’a pas eu une vie très heureuse. Il a même fait de la prison à deux reprises, une fois pour avoir braqué un bordel en Indochine quand il était parachutiste, une autre fois à cause de ses liens avec l’O.A.S. Il est photographe à Nice et n’hésite pas à afficher ses convictions. Sa maison ne s’appelle t’elle pas « Les Oies Sauvages », en hommage à un chant qu’interprétaient les S.S. ?

Le vendredi 16 juillet 1976 le gang des égoutiers qu’il dirige pénètre dans la salle des coffres de la Société Générale de l’avenue Jean-Médecin, force 371 coffres et s’empare d’un butin de plus de 50 millions de francs. Depuis des semaines le  groupe de malfrats avait investi les égouts de Nice en passant par le Paillon et creusé un tunnel de huit mètres de long, avant de percer le mur de la banque d’une épaisseur de 1m80.

On retrouve Spaggiari en cavale en Amérique du sud d’où il accumule les provocations : Il envoie un mandat au propriétaire de la voiture dont il a écrasé le capot, rencontre Bernard Pivot pour une interview, écrit trois livres, mais rapidement se retrouve sans le sou. Il mourra d’un cancer en 1989, et son corps sera déposé devant la maison de sa mère.

Il reste cependant dans la mémoire collective comme le chevalier blanc avec un petit côté Thierry la Fronde.

D’ailleurs c’est la banque elle-même qui l’avait provoqué. N’avait-elle pas, au début de l’été 1976, édité une publicité énonçant : « Partez en vacances tranquille, ouvrez un coffre. »

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Extrait de « Les dessous de la Côte »

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