Les Britanniques veulent-ils faire exploser l’Europe ?

Depuis l’affaire Cahuzac, tout le monde se préoccupe de l’évasion fiscale. Rien que pour l’Union européenne cette évasion fiscale dépasserait les 1.000 milliards. Dans une économie de marché qui régit aujourd’hui la quasi-totalité de la planète, la transparence est la seule garantie de son bon fonctionnement. Sans elle le système engendre des crises, ce qui est le cas aujourd’hui. Du fait du secret bancaire, cette évasion apparait même au sein de l’Europe : le Luxembourg et l’Autriche rechignent à révéler les titulaires des comptes, et bien sûr la Suisse. Plus loin on découvre les fameuses îles Caïman.

Mais il y a au sein de l’Europe un autre pays qui se satisfait de cette situation, la Grande-Bretagne. Si en apparence elle respecte les consignes de transparence, il y a à Londres de nombreuses officines qui peuvent favoriser l’évasion de vos capitaux sur des territoires qui dépendent de la Couronne : c’est le cas de Jersey et Guernesey ; ou des îles Vierges britanniques. La City se complait à travailler avec ces territoires et cela sans aucune remarque de la part du gouvernement de sa majesté.

La Grande-Bretagne n’est pas un grand pays agricole, et de moins en moins industrialisée. Elle vit de plus en plus sur ce trafic monétaire qui lui est d’autant plus facile qu’elle n’adhère pas à l’Euro. En France, chaque année, l’évasion fiscale est estimée à 50 milliards d’euro. Et ce sont les banques françaises qui mettent en place ce système d’évasion des capitaux. Elles envoient les fonds à leurs filiales étrangères qui aident à créer des sociétés off shore. L’exemple le plus typique est la BNP-Paribas avec sa filiale de Jersey. De là l’argent part dans une société off shore aux îles Vierges britanniques. Là ce sont des prête-noms qui gèrent ces fortunes.

Mais que devient cet argent ? Mutisme absolu. La plupart du temps il dort, ou certains spéculent, en particulier sur les monnaies. Ce trafic permanent est en passe de devenir la principale activité des britanniques. Et tant pis si l’on déstabilise le reste du monde et que l’on favorise la crise. Les bénéfices justifient toutes les turpitudes.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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