Des municipales qui préfigurent Beyrouth ?

L’été de Beyrouth est comparable aux printemps arabes. Le rejet des hommes politiques en place est flagrant et violent ; véritables dictateurs économiques ils vident de leurs substances financières la population et cela à leurs profits. En est-il de même en Europe occidentale ? Est-ce un mal inhérent à la démocratie ? Mis à part le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre vient d’une petite ville dont on n'avait jamais entendu parler. 

Les élections municipales sont terminées : un tour au début de la pandémie de Corona virus et un deuxième tour après. Elles se concluent par le fait que très peu de citoyens sont allés voter. Pourtant la décision d’Emmanuel Macron de donner plus de pouvoirs aux collectivités locales aurait dû inciter les électeurs à se précipiter dans les isoloirs. D’autant plus que le président avait annoncé que dans le nouveau gouvernement il y aurait des élus des grandes villes.

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Mais que représente ces élus. Dans le tableau ci-joint l’Association pour la Démocratie à Nice (ADN) publie les résultats du deuxième tour des élections à Nice, non pas par rapport aux suffrages exprimés, mais par rapport aux nombres d’inscrits sur les listes électorales. On constate que Christian Estrosi réalise 15,8 % et que ses opposants entre 5 et 6%. Comment va pouvoir gouverner un maire pendant six ans alors qu’il est soutenu par une minorité ? Qui partagera ses décisions dans la population, mis à part le quotidien local qui le soutient depuis si longtemps ? Même les bénéficiaires des rues peintes en jaune électoral ne seraient pas allés voter pour lui… Les promesses courantes en périodes électorales ne satisfont que moyennement les citoyens : la destruction programmée du palais des congrès Acropolis, celle du Théâtre national de Nice (méthodes comparables à celles de Jacques Médecin avec l’hôtel Ruhl, le municipal, le palais de la Méditerranée).

Peu importe, une fois de plus la commune et de nombreuses autres en France vont avoir un maire minoritaire et s’en contenter. On dira alors que les Français sont dégoûtés de la politique. C’est probablement faux, bien au contraire, mais ils sont dégoûtés des politiciens. Ils le sont d’autant plus quand les décisions qu’ils prennent obligent à des financements sans aucune mesure avec leurs moyens. Ce ne sont pas dans les petits villages que cela se produit mais dans les métropoles, les communautés de communes et bien sur les grandes villes. Des décisions à l’emporte-pièce, des financements nébuleux ont créé une disparition de l’électorat et alimentent un nombre important de mécontents.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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