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Billet de blog 11 oct. 2018

Il n’y a pas plus gaulliste que Macron.

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Tous se veulent gaullistes aujourd’hui : chez Les républicains bien sûr, mais aussi chez Le Pen, Dupont-Aignan et bien d’autres. Mais s’il en est un qui met en application les méthodes du général de Gaulle, c’est bien Emmanuel Macron. Tandis que l’on fête l’anniversaire de la création de la Vème République, n’oublions pas qu’elle a été créée pour un homme, Charles de Gaulle, qui avait une obsession, la disparition du régime des partis ; la IVème République en avait tellement souffert. Alors, avec sa constitution  de Gaulle va créer un parti godillot l’UNR qui va gagner toutes les élections de 1958 à 1967. De Gaulle ne s’y référera jamais car, de toute façon, il lui obéira au doigt et à l’œil. Aujourd’hui, celui-ci se nomme LREM (La République en marche) et a exactement le même rôle, soutenir la politique présidentielle. 

Yvonne et Charles de Gaulle à Londres (Royaume-Uni), le 6 avril 1960 | STF / Central Press / AFP – Brigitte et Emmanuel Macron à Agra (Inde), le 11 mars 2018 | Ludovic Marin / AFP

Emmanuel Macron ne se réclame de personne, comme le général en son temps. A ce titre il est un pur gaulliste. Pour les commentateurs télévisés habituels, il est de gauche, car ancien ministre de Hollande, de droite pour avoir choisi Edouard Philippe, du centre pour avoir été élu avec les voix du MoDem. En réalité, comme de Gaulle, il est au-dessus des partis. En outre il assume un côté autoritaire, comme autrefois le général. 

Après de Gaulle les partis vont reprendre le dessus, doucement sous Pompidou, beaucoup plus sous Giscard et totalement avec Mitterrand et un cortège de combines, de négociations de coulisse et de malversations. Tout s’aggrave avec Chirac et Sarkozy et une suite d’affaires malsaines. On arrivera au sommet avec une primaire à gauche qui installe François Hollande, pratiquement le retour de la quatrième République.

De Gaulle avait été traité de dictateur par les socialistes, de fasciste par les communistes car le régime présidentiel lui donnait tous les pouvoirs. N’avait-il pas, alors que la constitution ne lui permettait pas, renvoyer son premier ministre, Michel Debré, qui n’était pas d’accord avec lui par rapport à la guerre d’Algérie ? Les modifications constitutionnelles de Nicolas Sarkozy renforcent encore plus le pouvoir présidentiel. Emmanuel Macron applique son programme en ne tenant pas compte de son gouvernement ni des récriminations de quelques députés de En Marche. Il est le chef qui décide mais qui de fait est responsable de tout.

S’il échoue, ce sera sa faute et il partira sur un référendum peut-être, bien que pour l’instant on n’entend pas dire à l’Elysée que cette procédure puisse être utilisée. Ses opposants seraient trop heureux de s’y plonger pour le faire chuter. Ils vont devoir se contenter des élections européennes, ce qui n’engage en rien la responsabilité du président vis-à-vis du pays.

Le régime parlementaire s’efface petit à petit, les oppositions ne font que vociférer à la télévision, les syndicats n’arrivent plus à rassembler pour leurs défilés. Notre régime est totalement présidentiel mais démocratiquement élu, ce qui fait un pendant aux chefs d’Etats populistes qui fleurissent sur la planète et en Europe en ce moment. Mais un parti godillot, un gouvernement pour faire joli, ne sont pas les garde-fous de la stabilité politique. Si en 2018 on fête l’anniversaire de la Vème République, on fête également celui de mai 68.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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