Migrants : à quand un bateau pour l’Angleterre ?

Ils sont 6.000 vivant les pieds dans la boue, sous des tentes ou des bâches, dans des logements de fortune. Le Calaisis, Marck, Coquelles sont devenus la honte de la France.

Leur objectif : l’Angleterre parce que dans ce pays-là il n’y a pas de cartes d’identité et qu’il n’y a pas besoin de papiers pour travailler et vivre. Ils viennent d’Érythrée, du Ghana, du Liberia, du Soudan, de dictatures où ils ne peuvent plus vivre.

En octobre dernier, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, affirmait «Depuis le 25 octobre, il n’y a plus un migrant qui passe au Royaume-Uni». Depuis, ils sont là le long des barbelés qui entourent le tunnel sous la Manche. 1.125 fonctionnaires sécurisent l’accès au tunnel. 2.000 migrants ont fait une demande d’asile en France.

Photo : Mustafa Yalcin / Anadolu Agency / AFP) Photo : Mustafa Yalcin / Anadolu Agency / AFP)

La préfecture vient de faire marquer à la bombe à peinture les limites du camp de la « jungle ». Les cabanes qui sont hors limites vont être détruites et tous ces migrants doivent s’entasser, les uns sur les autres, pour survivre. Certains sont là depuis trois ans, d’autres essayent quand même de passer chaque nuit, sans succès. Le froid arrive, la pluie, la boue. D’autres s’installent dans une économie souterraine, ouvrent un restaurant en planches ou une épicerie avec des produits qu’ils vont acheter en ville ; il faut bien manger…

Le nouveau président de la région, Xavier Bertrand, veut que l’armée intervienne, non pas pour des mesures répressives, mais pour aider la police qui n’en peut plus. Lors de la campagne électorale, il avait dit «Ça commence à bien faire. Tant qu’ils ne changeront pas leur réglementation, tant que l'on pourra travailler là-bas sans papiers, payé au lance-pierres, il y aura toujours des migrants qui voudront passer en Angleterre. Alors soit on leur change leur réglementation, soit on leur rend leur frontière». En effet, la frontière n’est pas à Douvres, mais à Calais. Et les britanniques ont financé les barrières et les barbelés à l’entrée du tunnel, côté français.

Si les anglais ne veulent pas bouger et continuent à vilipender la France dans leurs tabloïds, il ne reste qu’une solution, le bateau. Pas la barque, non, le ferry ; pour 42,50€ on peut offrir la traversée aux migrants qui stationnent à Calais. Coût total : 255.000€. Est-ce se déresponsabiliser du problème que d’envoyer ces pauvres gens en Grande-Bretagne ? Pas du tout, car c’est là qu’ils veulent aller et qu’ils vont y trouver toutes les facilités que la France ne peut leur offrir. Mais il faut faire vite, car les Anglais envisagent au travers d’un référendum de quitter l’Union européenne.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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