Nice-Matin : c’est la fin ?

Les salariés de Nice-Matin s’inquiétaient déjà de l’avenir du journal en juillet dernier lorsque Bernard Tapie avait été mis en examen. Il semblait se rabattre sur Marseille et laisser tomber le support azuréen. La famille Hersant propriétaire à 75% des parts du journal vient d’évoquer le dépôt de bilan avec la fin 2013.

Les salariés de Nice-Matin s’inquiétaient déjà de l’avenir du journal en juillet dernier lorsque Bernard Tapie avait été mis en examen. Il semblait se rabattre sur Marseille et laisser tomber le support azuréen. La famille Hersant propriétaire à 75% des parts du journal vient d’évoquer le dépôt de bilan avec la fin 2013.

Un manque d’objectivité.

Comme nous l’annoncions depuis deux ans dans le Ficanas, Nice-Matin ne se vend plus. Ses campagnes politiques, qui ont commencé dès 2007, ont entrainé un manque d’objectivité et transformé le support en bulletin électoral pour de nombreux lecteurs. Ils ont délaissé le journal et se sont rabattus sur la télévision, les radios et les sites internet. Pourtant Nice-Matin avait un taux de pénétration record pour la presse quotidienne régionale il y a une dizaine d’années.

Une dette qui s’aggrave : licenciements en vue.

Chaque mois le journal perd 1,5 M€, soit près de 18 millions par an : situation intenable qui va obliger la direction à procéder à des licenciements pour alléger ses charges. On parle de supprimer 200 postes sur les 700 que compte le journal. La semaine prochaine une assemblée générale va réunir les journalistes, les techniciens et les administratifs. Ils connaîtront probablement à ce moment-là les décisions de la direction.

Qui peut racheter le journal ?

A première vue personne ne le souhaite vraiment. Un tirage très faible, une adaptation aux nouvelles technologies de la communication peu performantes et surtout un manque d’annonceurs. Mis à part la principauté de Monaco qui est actionnaire du support, la majorité des publicités est émise par la ville de Nice, le conseil général et la métropole Nice-Côte d’Azur. Cette situation politico-monopolistique aurait du mal à être remplacée par d’autres annonceurs locaux qui affrontent la crise. Pourtant la direction du groupe Hersant annonce deux contacts pour le rachat du journal.

Une place à prendre ?

Le Patriote a disparu, le Petit Niçois n’aurait pas les moyens de développer un quotidien à fort tirage ; seuls les sites web peuvent aujourd’hui diffuser une information permanente. Mais ce n’est pas pour cela qu’ils investiraient dans une équipe journalistique nécessaire.

Nice serait la première grande ville de France qui verrait disparaître son quotidien local et ce serait un exemple pour d’autres grandes villes. Seul la réunion de divers groupes de presse peut encore maintenir une presse quotidienne régionale.

Certains politiques vont s’inquiéter de voir disparaître leur principal outil de propagande à la veille des élections municipales. C’est eux qui ont peut-être la solution…

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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