Les socialistes ne veulent surtout pas de la mairie de Nice

Marseille a eu droit à des primaires au parti socialiste. Et quelles primaires ! La ministre Marie-Arlette Carlotti, donnée favorite, blackboulée au premier tour, ce qui prouve le mécontentement des électeurs vis-à-vis du gouvernement, et la sénatrice Samia Ghali qui arrive en tête avec plus de 25% des voix.

Le problème, c’est qu’à Marseille il y a eu des votants ! A Nice les socialistes ont tout juste le droit de se taire. Patrick Allemand est allé pleurer chez le président de la République pour que la cinquième ville de France n’ait pas de primaires (voir Ficanas du14 avril et du 27 mai). Il y a donc eu une primaire niçoise où le seul candidat, Patrick Allemand, a été élu avec 239 voix ! C’est à dire que celui qui perd régulièrement toutes les élections, qui est supposé faire face à un maire en difficulté et à une candidate du Front National qui n’a même pas besoin de se bouger pour engranger des voix, sera le candidat de la gauche socialiste pour emporter le poste de maire de Nice ?

Christian Estrosi- Patrick Allemand - Eric Ciotti (photo Nice-Matin)

On croirait à une blague : 239 copains qui n’avaient rien à foutre l’ont choisi. 239 sur 360.000 habitants ! Parmi eux il y a sûrement Patrick Mottard qui s’est empressé de se rallier au candidat oint par le scrutin populaire. On peut se demander ce qu’en pensent Marc Concas et Jean-Christophe Picard ! Certains socialistes niçois sont totalement désappointés, même effondrés, et se demandent où court ce parti dans la cinquième ville de France. A-t-il même besoin de rentrer en campagne ?  On sait que ce parti est traversé par des courants, qu’il a du mal même à organiser des élections internes (on se souvient du duel Aubri-Royal), mais il faut lui reconnaître d’avoir toujours essayé d’appliquer la démocratie et de respecter le choix de ses adhérents. A Nice ce n’est plus le cas.

On peut comprendre que, vu l’endettement de la métropole et de la ville, peu de candidats vont se presser pour devenir maire. Mais de là en ouvrant un boulevard à Christian Estrosi et à Marie-Christine Arnautu, le Parti Socialiste local crée une situation inédite en France où le parti gouvernemental renonce dès le départ à conquérir une mairie. Il paraît, comme le disait Alain, que le pouvoir change considérablement celui qui l’exerce, au moins au PS niçois, l’absence de pouvoir momifie les candidats.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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