Qui va aller voter à Nice pour les municipales ?

Faut faire écolo, alors dans les couloirs pour bus il installe des pots avec des plantes. Faut offrir l’heure à tout ces niçois qui ne peuvent pas avoir une montre bracelet, un téléphone portable ou une voiture avec une montre : alors on vire la très belle sculpture de Dolla de la place Max Barel pour y remettre une horloge ! C’est le nec plus ultra du clientélisme à l’Estrosi. Le recrutement au sein de la mairie ou de la métropole ne suffit plus, car le maire sortant ne veut pas être réélu, il veut l’être au premier tour !

estrosi

Dans cette ville de droite (qui n’a plus été de gauche depuis si longtemps) il y a eu un petit espoir : le député Eric Ciotti envisageait sa candidature aux municipales. Il reprochait à son ami de trente ou quarante ans d’être trop proche du président Macron. Sa candidature empêchait Estrosi d’être élu dès le premier tour. C’est du moins ce qu’annonçait La Voix de Son Maître l’organe officiel de l’Estrosiland. Ciotti avait caressé l’espoir que le quotidien pouvait être repris par l’homme d’affaire Iskander Safa le propriétaire de Valeurs Actuelles, journal très à droite, voire d’extrême-droite. Mais le chouchou d’Estrosi, Xavier Niel, et surtout plus proche du président Macron, va gagner alors que les salariés veulent Safa. Du coup ils vendent leurs parts à Niel et le statut coopératif de Nice-Matin disparaît.

Anecdotique ? Pas du tout. Nice et sa métropole renforcent leurs positions de fief estrosien. On prépare une élection avec d’une part Vardon, le candidat du Rassemblement national, ex identitaire et spécialiste de la soupe au porc et Estrosi qui veut être le front républicain à lui tout seul. Et les autres ? La gauche n’existe pratiquement plus, enterrée par Patrick Allemand, la majorité présidentielle peut présenter Cédric Roussel et on risque de voir Jean-Marc Governatori à la tête d’un rassemblement de partis que l’on croyait absent et Benjamin Michaud de l’UPR. Olivier Bettati est parti à Menton (c’est plus tranquille) et Jacques Peyrat pense être trop âgé. Ah il y aura peut-être Michel Cotta, le dissident de l’extrême-droite sinon la tradition ne serait pas respectée !

Pas de quoi affoler Christian Estrosi qui avait été élu une fois à l’issu d’une triangulaire et une fois après une quadrangulaire. Il obtiendrait là son bâton de maréchal et pourrait continuer à aggraver l’endettement de la ville. Car Nice fait partie des villes les plus endettées de France et le remboursement par les habitants va être très long. En effet depuis dix ans la commune se dépeuple un peu plus chaque année (environ 2.000 habitants par an) alors que toutes les grandes villes de France accroissent leur population. La Voix de son Maître publie avec plaisir les dettes des autres villes du département (Menton, Grasse, Antibes, Le Cannet, Saint Laurent du Var) mais comment différencier la dette de la ville de Nice et celle de sa métropole ?

Les niçois qui sont imposables en sont conscients (d’autant plus qu’il payent deux impôts fonciers au lieu d’un seul), mais ceux qui ne sont pas imposables s’en moquent puisqu’ils bénéficient de services qu’ils ne financent pas. Il devrait s’agir là de 60% de l’électorat. Donc l’élection de Christian Estrosi est inéluctable car nombreux sont ceux qui en ce dimanche du mois de mars auront  autre chose à faire… Estrosi est-il arrivé à anesthésier son électorat ?

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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