Nice : l’éco-vallée sera-t-elle une boite vide ?

Lorsque la municipalité de Christian Estrosi a décidé de remplacer les zones de maraîchage (que les villes favorisent aujourd’hui) par du bétonnage et du goudronnage à outrance, il y avait là un objectif écologique (disparu depuis) mais surtout économique. Alors que nous sommes en plein dans la révolution numérique, l’idée est intelligente même si elle fait reculer la culture maraîchère locale.

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L’économie vallée a pour objectif un triptyque formation-recherche-entreprise et, ce qui est moins évident, le développement du tourisme d’affaire avec 80.000 m2 de parc d’exposition et de centre de congrès. Cela est d’autant plus surprenant que tout cela existe déjà en centre Nice avec l’Acropolis et le palais des expositions. En attendant on construit et comme le dit l’adage « quand le bâtiment va, tout va ».

Le site tribuca.net a donc enquêté et constate qu’il y a de nombreux transferts d’entreprises existantes dans la région et peu de créations. L’exemple le plus significatif est le déménagement des sociétés implantées dans le l’Arénas et qui viennent s’installer dans les nouveaux immeubles ; pourquoi cela ? Tout simplement parce que la Métropole Nice-Côte d’Azur accroît considérablement sa surface administrative et va occuper tout le site de l’Arénas : un coût supplémentaire pour les contribuables ? Probable…

Autre exemple, IBM. La fermeture du magnifique bâtiment de La Gaude a fait atterrir l’entreprise dans The Crown, avec une surface inférieure et moins de salariés. C’était cela ou le transfert vers Londres. Il y a également des entreprises qui viennent de Nice ou de Sophia Antipolis ; c’est le cas d’Adecco, d’Oteis et même de l’Apec. Cela accélère la désertification du centre de Nice qui en perdant les entreprises, perd les commerces et même les habitants. En réalité les grands gagnants de cet avalanche de béton ce sont surtout les promoteurs.

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A la veille du MIPIM de Cannes, Tribuca constate que l’ensemble Nice et Sophia Antipolis n’arrive qu’à la neuvième place avec 70.000 m2 de bureaux à commercialiser. Montpellier, Rennes, Bordeaux,Toulouse, Lyon proposent des surfaces nettement plus importantes. En 2018 Nantes a proposé quatre fois plus de bureaux que Nice. Il faut avouer que les loyers niçois sont les plus élevés de France après Paris.

La métropole niçoise annonce dans la plaine du Var 60.000 emplois et 10.120 entreprises actuellement et 50.000 nouveaux emplois prochainement. On ne les voit pas vraiment. N’oublions pas qu’au final ce seront trois millions de mètres carrés qui seront construits. Il est temps de se relever les manches pour démarcher des entreprises au niveau international, sinon l’éco-vallée risque de devenir une coquille vide ou une friche du tertiaire.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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