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Billet de blog 15 avril 2015

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Pierre Ribà et le chemin d’éternité

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Tant de simplicité́ et tant de complexité́ mêlées. Des signes, des formes, des découpes que l’œil reconnaît mais qui intriguent. Vagues souvenirs d’objets ancestraux, un totem ici peut-être, là un masque. Et toujours, une retenue, un silence quasi religieux émane de l’univers monochrome de Pierre Ribà. Les œuvres énigmatiques de l’artiste fascinent et jettent le doute. « Ses sculptures nous sont si proches que lorsqu’on les a vues une fois, on a l’impression de les avoir toujours connues, comme des amies revenues de loin, comme des souvenirs ou des colombes, des chants mélodieux familiers, tant l’harmonie les dressent face à nous, humbles et humaines » insiste Georges Chich. C’est vrai, ces œuvres de morceaux de cartons soigneusement agglomérés ont l’étrange pouvoir de s’imposer d’emblée au regard, comme une évidence plastique, une espèce de loi physique, un refrain obsédant qui vous trotte dans la tête toute la journée.

"Castel Blanc" 130x53x16cm Carton cannelé, titanium

"Naissance du soleil" carton cannelé, résine, cire d'abeille 105x100 x15 cm

Cette sculpture sans fioritures est aussi un hommage à l’objet immémorial, à cet art primitif auquel nous devons tant et que Pierre Ribà se réapproprie et réinvente au gré́ de sa fantaisie. «Il donne par le filtre de la création un nouveau pouvoir à un objet jugé initialement quelconque. Assure une fonction sacrée qui se loge, en un nouveau temple, dans un rituel voulu par les anciens, que certains nomment aujourd’hui design» note Grégory Tuban. Incroyable pouvoir de séduction de cette sculpture tout à la fois de notre temps et d’un temps que les moins de mille ans ne peuvent pas connaître... Pierre Ribà est un magicien qui cherche l’essentiel en utilisant le superflu, qui transforme du carton en or. Sa sculpture sobre est efficace et presque surnaturelle (« Cabeza », « Black Idol », « Feuille de Nuit » ou « Origami ») invente des mondes parallèles qui ouvrent à l’imagination des perspectives illimitées. Un magicien, je vous dis. Ludovic Duhamel

Mégalithe foudroyée carton cannelé poudre de graphite cire d'abeille 145x40x25cm

Mon identité́ est celle des paysans de l’Ardèche hommes lents qui ont besoin de beaucoup de temps pour dire les choses avec le peu avec le simple. J’oscille entre sérénité́ des origines et déchirures de la vie.

Dans mon travail le matériau n’est pas seulement un moyen au service d’une pensée, il participe aussi à la formation de l’idée ce travail a parfois un aspect brut presque primitif, parfois plus sophistiqué. J’affectionne les formes simples, épurées. Je tends à libérer mon travail de l’anecdote, à décanter la réalité́ de ses scories, de ses pesanteurs.

Je veux aller vers l’essentiel, m’épanouir dans la sobriété, la simplification des formes. Je tends à me débarrasser de tout effet accessoire, pierres, traces, fossiles, dolmens grottes œuvres primitives plutôt que classiques, tout cela me fascine. Mon travail est parcouru d’images qui viennent de loin vestiges d’un ailleurs et sont pourtant de notre temps. Mes œuvres ne perdent pas leurs repères identifiables entre imaginaire et réalité entre sérénité espérée et déchirures

Le vif de la vie, L’idylle et la rupture.

« Je veux aller vers l’essentiel, m’épanouir dans la sobriété́, la simplification des formes. Je cherche à travailler vers l’universel. »

Les sculptures sont des objets porte-parole. Elles racontent les chemins suivis, les chemins dérobés il n’y a rien à ajouter, RIEN. Pierre Ribà

Vernissage mardi 12 mai. 

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