Menton va-t-elle basculer dans la métropole de Nice ?

A première vue, aucun des trois principaux candidats ne le souhaite ; ce sont leurs dires. Mais cette élection risque de bouleverser les certitudes. Jean-Claude Guibal candidate pour la sixième fois. Cela fait plus de trente ans qu’il dirige la ville, ayant succédé au général Aubert. Il est le représentant des familles qui dirigent la commune et il est marié à Colette Giudicelli qui avait été son adjointe et qui est sénatrice. Mais ce chef qui serait indétrônable semble être arrivé en fin de règne. On dit la sénatrice mal en point, la belle fille du maire n’est pas très appréciée, son époux guère plus et nombreux sont les électeurs qui ne se voient pas continuer avec un maire né à Ajaccio en 1941. Cela lui ferait 85 ans en fin de mandat. Il est malgré tout le candidat choisi par Les républicains.

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Autre tendance droite à Menton : celle du centre-droit avec Patrice Novelli. Il a été choisi par Jean-Christophe Lagarde pour avoir l’investiture de l’UDI (Union des démocrates et indépendants) pour l’élection municipale ; il en était déjà le délégué départemental. D’ailleurs d’autres centristes se sont ralliés à lui, en particulier des membres du MoDem et surtout Agir, le droite gouvernementale. Ex premier adjoint, il a la particularité d’être un candidat qui travaille comme chef d’entreprise à Menton, ce qui lui procure l’avantage de bien connaître les habitants en les fréquentant quotidiennement.

Et puis on retrouve Olivier Bettati. Le candidat d’extrême droite ne peut pas se présenter à Nice contre son éternel ennemi Christian Estrosi alors qu’il fut son adjoint. La place est prise par l’ancien Identitaire Philippe Vardon qui siège au Conseil régional sous l’étiquette Rassemblement national. Donc Olivier Bettati a choisi Menton dont il a raté les dernières élections législatives soutenu par le Front national. En 2015 il dirige la liste de Marion Maréchal Le Pen dans les Alpes-Maritimes pour les régionales. Cette fois-ci il est candidat à la municipalité avec une étiquette CNIP et surtout avec le soutien du Rassemblement national.

Tous souhaitent que Menton ne rentre pas dans la métropole d’Estrosi, d’autant plus que l’on se souvient de Xavier Beck, maire de Cap d’Ail, qui y entraîna sa commune une fois élu. Le problème est que Christian Estrosi et Renaud Muselier, le président de la région, soutiennent à demi-mot Olivier Bettati selon Nice-Matin. Pourtant, toujours aux dires du quotidien, « Une partie des Mentonnais n’est pas dupe et voit le candidat niçois comme un « parachuté », un « proche de Marion Maréchal le Pen » qui voudrait faire de Menton un « laboratoire de l’union des droites »

Situation surprenante où le maire de Nice, ne parle jamais du maire sortant qui est dans le même parti que lui ; il faut dire que l’acquisition de Menton et de la Communauté de la Riviera Française permettrait à Christian Estrosi de diluer la dette en appliquant sa taxe foncière métropolitaine à plus de contribuables. Alors si Olivier Bettati est probablement le masque de l’extrême droite, serait-il aussi celui de la Métropole niçoise ?

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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