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Billet de blog 16 avr. 2015

Nice : le gouffre financier du stade à la charge des contribuables

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Depuis 2008, le Ficanas, comme d’autres, s’est élevé sur les problèmes du stade de Nice de la plaine du Var. On se souvient du projet d’aménagement de celui du Ray, puis des différents appels d’offres, de la victoire enfin de Vinci et surtout de son baptême « Allianz », du nom de l’assureur des camps de concentration et de la S.S., alors que les niçois voulaient qu’il porte le nom de Garibaldi. Mais dès le départ tout le monde s’est élevé contre sa dimension et surtout son coût. Ce serait rentable s’il y avait encore des manifestations capables de le remplir, car ce ne sont pas les supporters de l’OGCN qui arrivent à le faire.

Des chiffres qui donnent le tournis !

Le stade a coûté 243,5 millions d’euros, dont 69 millions à la charge des contribuables :

20 millions pour l’Etat - 20 millions pour le département des Alpes-Maritimes - 16 millions pour la ville de Nice - 7 millions pour la Région PACA - 6 millions pour la Métropole Nice-Côte d’Azur.

En 2008, Christian Estrosi a conclu un marché avec le groupe Vinci, que l’on va nommer Nice Eco Stadium, qui va devoir gérer le stade pendant 30 ans, y compris sur son exploitation et sa maintenance qui s’aggrave puisqu’il faut régulièrement refaire la pelouse… Du coup la facture des contribuables augmente puisqu’il va falloir verser 8,3 millions d’euros par an au groupe Vinci. Le problème est que c’est Vinci qui encaisse les recettes et les loyers, donc on ne rembourse pas les contribuables.

En échange Allianz va payer 1,8 millions d’euros pendant neuf ans pour apposer son nom sur la façade du stade. Mais attention sir l’OGCN tombe un jour en deuxième division il va falloir payer un dédit à Vinci en plus.

Un musée surprenant.

Mais ce n’est pas tout. Au stade est adjoint le fabuleux musée du sport que nous avons évoqué à plusieurs reprises. Installé à Paris il n’a jamais fait recette, loin de là, et a été régulièrement ouvert puis refermé. En 2011 la Cour des comptes soulevait le gaspillage qu’il représentait. Une fois à Nice, il coûte encore plus cher et a créé un véritable litige entre le maire de Nice et la Région. En effet Christian Estrosi réclame 7 millions d’euros à Michel Vauzelle l’actuel président de la région PACA ; si Christian Estrosi est élu à la tête de la Région, il pourra se les régler à lui-même.

Mais il est vrai que d’enfermer le sport dans un musée, semble être une idée saugrenue parfois…

Des PPP qui coutent très cher.

Ce système de partenariat public-privé a déjà créé de nombreux problèmes en France. En outre cette folie des méga-stades, soit disant en vue de la coupe d’Europe, a surtout bénéficié aux constructeurs au détriment des contribuables. A Grenoble, le stade des Alpes héberge un club qui a déposé le bilan. Les 28.000 places attirent au maximum 2.000 spectateurs.

Au Mans, le premier stade construit sous le partenariat PPP avec Vinci est devenu un boulet financier pour la ville qui doit régler 103 millions d’euros.

A Lyon, seul stade totalement privé, la municipalité sert de garantie aux emprunts réalisés pour sa construction. Mais l’aménagement des abords a coûté 167 millions d’euros aux contribuables.

A Lille, la communauté urbaine va devoir payer 10 millions d’euros par an, pendant 31 ans à Eiffage, somme qui pourrait doubler si le club tombe en deuxième division.

L’Allianz Riviera va-t-il disparaître ?

Construit sur la nappe phréatique du Var, il paraîtrait que le stade niçois connaît des problèmes d’affaissement. Va-t-il s’enfoncer dans le sol ou simplement pencher ? Après tout il peut devenir une attraction touristique comme la tour de Pise ! En attendant c’est le parquet national financier qui enquête sur le financement du stade. Ils ont mis du temps à se décider, mais que peut-être ils iront plus vite que l’affaissement…

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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