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Billet de blog 16 oct. 2018

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Ciotti, Estrosi et les élections à droite, drôle d’histoire…

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Remontons l’horloge politique. Nous sommes en 2012 et le parti de droite, l’UMP, traverse une crise sans précédent : Nicolas Sarkozy est battu aux présidentielles et les législatives ont été un revers pour le parti. Il faut un nouveau président à l’UMP et deux candidats semblent remporter les suffrages : l’ancien premier ministre de Sarkozy, François Fillon et le député-maire de Meaux, secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Le soir du 18 novembre les résultats sont pratiquement égaux et les deux candidats revendiquent la victoire. En réalité 98 voix (sur 174 678 suffrages exprimés) les séparent, en faveur de Copé. Fillon conteste le résultat affirmant que le parti traverse une « fracture à la fois politique et morale ». Il trouve alors 1.304 voix non comptabilisées dans trois fédérations d’outre-mer. Mais les partisans de Copé accusent les fillonistes de fraude dans les Alpes-Maritimes, scrutin organisé par Eric Ciotti. Copé propose à Fillon d’être vice-président de l’UMP et c’est Ciotti qui répond « Sincèrement, vous imaginez François Fillon, vice-président de Jean-François Copé ? Non, ce n’est pas très sérieux. » Il est bien placé pour le savoir puisqu’il était le directeur de campagne de Fillon (il ira ensuite faire celle de Sarkozy et retournera plus tard chez Fillon).

Depuis l’UMP est devenu Les républicains, Fillon a fait pschitt aux présidentielles, et c’est Laurent Wauquiez  qui mène les destinées du mouvement avec son fidèle lieutenant Eric Ciotti.

2018, élections dans la fédération de Les républicains des Alpes-Maritimes. Christian Estrosi président sortant, ne se représente plus et Eric Ciotti, seul candidat, est élu avec 88% des suffrages. Bizarrement les proches d’Estrosi ne sont pas élus. Et on a droit à un communiqué de presse de Dominique Estrosi-Sassone (sénatrice et ex-épouse du maire de Nice), de Marine Brenier (députée imposée par Estrosi qui a soutenu successivement, Sarkozy, Fillon puis Macron et qui vient de quitter les groupe Les constructifs à l’Assemblée pour aller chez Les républicains) et Pierre-Paul Léonelli (septième adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Nice). Il y aurait fraude lors de ce scrutin.

Le problème est que ce dernier est battu par Auguste Vérola, qu’Estrosi a viré, que Marine Brenier est battue par Christelle d’Intorni, le maire de Rimplas (virée de la Région à la demande de Pierre-Paul Léonelli) et que l’ex-épouse est éliminée par un inconnu Stanislas André (Master 2 sécurité intérieure, promotion Eric Ciotti) ! Les trois impétrants annoncent que « le chiffre de la participation exceptionnellement élevé, à plus de 70% sur Nice », les laisse « tout particulièrement interrogatifs ». Demande de recours probable à la Haute autorité des Républicains. Ciotti se précipite à LCI et déclare « Il peut y avoir des mauvais perdants. Je conçois que la défaite soit forte, peut-être inattendue. S'il y a des recours, ils seront examinés. Moi je prends ça avec beaucoup de sérénité ».

Tout cela est-il inquiétant ? Pas vraiment dans la puissante fédération des Alpes-Maritimes. D’autant plus qu’Eric Ciotti pousse le maire de Nice dans les bras du président de la République en déclarant qu’il est « le président officieux d'En marche ». Il faut dire que l’enjeu est de taille puisque le poste de député de Ciotti devrait disparaître, le département transformé en métropole et la métropole couvrir tout le département. C’est donc l’élection municipale niçoise qui sera le véritable enjeu et d’ici là la commedia dell’arte azuréenne va nous distraire jusqu’en 2020.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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