Que va devenir le tourisme d’affaire sur la Côte ?

Les chiffres de 2019 publiés témoignent de la vitalité du tourisme d’affaire à Nice et à Cannes. Nice se situe au79ème rang mondial pour congrès avec 36 congrès majeurs accueillis en 2019. Cannes est la championne des grands salons et des congrès professionnels internationaux  du type Mipim, Midem, Miptv, Etc. Le Palais des Festivals réalise un chiffre d’affaires annuel de 45 millions d’euros en deuxième position après Paris. L’Acropolis à Nice réalise lui 19,3 millions d’euros. Si on réunit les activités de tourisme d’affaire des deux communes on est en tête en France. Et on ne tient pas compte de Monaco.

photos-nice-acropolis

Mais Hélas le Covid-19 est passé par là et la croissance du tourisme d’affaire a été stoppée nette. Les pertes pour 2020 sont considérables et impossibles à chiffrer pour l’instant. Rien que pour le Palais des Festivals de Cannes, son chiffre d’affaires serait diminué de plus de moitié avec l’annulation des manifestations. Mais il faut ajouter à cela toutes les entreprises qui sont les fournisseurs de ces événements et également les activités purement touristiques qui les encadrent (restauration, transport, plage, Etc.)

Un chômage va être difficile à compenser. L’arrivée d’un tourisme français  sur la Côte d’Azur ne compensera jamais les dépenses des grandes entreprises qui participent traditionnellement aux congrès. D’autant plus que ces entreprises se sont rendues compte, pendant le confinement, que le travail via internet évitait les rencontres physiques, qui sur la Côte sont quand même onéreuses.

Christian Estrosi et David Lisnard vont devoir se battre pour rapatrier des marchés et des manifestations pour leurs villes respectives. Le Conseil départemental va devoir faire de même. Le choix qui a été fait de concentrer toute l’économie sur un tourisme massif ne résiste que difficilement à un accident de parcours comme une pandémie. Mais à l’issue des deux dernières guerres mondiales, la Côte d’Azur a été la première région à se redresser économiquement, tout en abandonnant une partie de son patrimoine touristique comme l’hôtellerie. Alea jacta est. 

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.