Il y aura-t-il encore des maires à élire l’année prochaine ?

Les sondages nous disent que 50% des maires ne souhaitent pas se représenter l’année prochaine. Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2020 pour un mandat qui durera six ans. Les listes devront comporter autant de noms que de postes à pourvoir au Conseil municipal et la parité hommes/femmes doit être respectée.

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Pourquoi cette majorité de maires qui cherchent à abandonner leurs mandats ? L’excuse courante est la vie familiale, mais il y en a d’autres : ne pas pouvoir satisfaire aux demandes des habitants, manquer de finances, de personnel, avoir l’impression d’être inutile. Il y a un mal-être du maire dans sa fonction car il est considéré comme un fournisseur de services et rien d’autre. Puisque le citoyen paye, il veut un service, totalement individuel en fonction de ses besoins propres.

Les regroupements des municipalités, en particulier des petites, ont réduit fortement la capacité d’action des maires. Ils sont devenus des figurants que l’on sort lors du passage du président de la communauté ou de la métropole, à la rigueur du préfet. Il ne leur reste que l’état civil, les commémorations devant le monument aux morts et les inaugurations d’ensembles bétonnés. 

Emmanuel Macron lors de sa tournée au près des Français a été accueilli par des maires et ceux des communes voisines. Qu’en est-il resté ? Où la valorisation des maires a-t-elle été renforcée ensuite ? Les maires sont-ils destinés à devenir les moutons de structures qu’ils ne dirigent pas ? C’est souvent le cas des métropoles où le représentant de la ville dominante et majoritaire a tous les pouvoirs. Les maires constituent alors une majorité politique, pas du tout décisionnelle. Ce sont pourtant ces maires-là qui étaient les plus proches des citoyens.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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