Lutte contre les migrants mineurs dans les Alpes-Maritimes.

Installer un centre pour mineurs dans le département ne fait pas plaisir à tout le monde, loin de là. Mais pourquoi à Saint Agnès ? Marie-Christine Franc de Ferriere est conseillère municipale et communautaire à Roquebrune-Cap-Martin et nous raconte l’historique de cette situation où l’on se rend compte que le problème est plus à Roquebrune qu’à Sainte-Agnès : « Roquebrune-Cap-Martin possède une propriété dans le village de Sainte-Agnès qui se trouve perché à 800 mètres d’altitude, village du littoral le plus haut d’Europe. Cette propriété a servi pendant des décennies comme centre de vacances pour les enfants de la commune de Roquebrune Cap Martin. Ce bâtiment se trouve en pleine nature et les enfants adoraient y aller pour découvrir la nature et profiter du bon air.

Photo : Frédéric Cerulli / France Télévisions Photo : Frédéric Cerulli / France Télévisions

La commune de Roquebrune-Cap-Martin a décidé de ne plus entretenir ce bâtiment et organise maintenant son centre de loisirs dans une école préfabriquée datant des constructions avec de l’amiante et avec une cour bitumée sous 40 ° de température, sous prétexte qu’elle n’avait pas les moyens de faire des travaux dans sa propriété de Sainte-Agnès. Il est évident que laisser les enfants dans une école pendant toutes les vacances alors que la commune possède ce bâtiment est un véritable non-sens pour ne pas dire plus.

Cette propriété étant abandonnée depuis 2015 par la commune de Roquebrune Cap Martin, elle a été réquisitionnée par l’Etat pour y mettre des mineurs migrants. Le département y a fait des travaux pour 300 000 euros. C’est une somme largement à la portée de la ville de Roquebrune-Cap-Martin. »

Le maire de Roquebrune, Patrick Cesari, affirmerait que sa commune ne possède pas 300.000 euros pour entretenir ce patrimoine. Madame Franc de Ferriere, qui est conseillère municipale d’opposition mais aussi expert-comptable et commissaire aux comptes, fait part des dépenses et emprunts de la commune et de l’argent dilapidé par le maire depuis l’an 2000. Elle ajoute « Dans un article de Nice-Matin du 11 juillet 2019, le journaliste demande au directeur adjoint à l’enfance du département pourquoi ce bâtiment a été réquisitionné pour les jeunes migrants. Celui-ci a répondu clairement : « parce qu’il était disponible ».

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Il s’agit d’héberger dans ce centre 54 jeunes mineurs par décision du Préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzales. Le site Riposte laïque précise « les migrants n’auront rien à faire et pourront se consacrer en toute liberté à l’oisiveté la plus dangereuse pour nos concitoyens, propice à développer tous les vices et surtout les vols, les diverses agressions qui sont leur spécialité et pire encore. » Arguments traditionnels d’un public ségrégationniste de Trump à Salvini, électoralement très porteur à notre époque. Mais en fait il s’agit également d’un Clochemerle du pays mentonnais. 

Le maire de Sainte-Agnès affirme « On nous a mis au pied du mur » et il ajoute « Il y a des locaux disponibles en zone urbaine! Ici, il faut 30 à 50 minutes pour que quelqu'un monte, ou pour descendre ». Cela s’adresse bien sûr au préfet, mais également au maire de Menton et à celui de Roquebrune. En réalité il y aura des navettes entre le centre et la côte et 28 accompagnants vont être engagés. 

Les habitants de Sainte-Agnès affirment majoritairement qu’ils ne sont pas racistes et l’un d’entre eux (comme l’affirme France3) annonce : « Est-ce que ça se passera bien, ou pas bien, en tout cas ça fait un petit peu peur à tout le monde et on nous impose ça alors que Cesari ne les a pas voulus en bas! C'était la fin de son électorat ! »

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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