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Billet de blog 20 octobre 2013

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L’UDI à Nice, le cul entre deux chaises.

Rama Yade vient de publier les notes prises pendant qu’elle était ministre et occupe de nombreux écrans de télévision. Au passage, elle parle de son parti l’UDI qui est quand même le troisième parti de France.

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Rama Yade vient de publier les notes prises pendant qu’elle était ministre et occupe de nombreux écrans de télévision. Au passage, elle parle de son parti l’UDI qui est quand même le troisième parti de France. En outre l’alliance conclue avec François Bayrou et le MoDem par Jean-Louis Borloo a agité le landernau politique.

En fait, ce centre que l’on a vu au pouvoir avec Giscard d’Estaing et Raymond Barre essaye de faire sa place au moment où l’UMP est à deux doigts de l’explosion ; d’une part une droite populiste, presque d’extrême droite, qui prône sans cesse des thèses dignes des Le Pen, et d’autre part une droite républicaine qui s’affirme avec la candidature de Xavier Bertrand pour les prochaines primaires de l’UMP. L’UDI, formée de nombreux radicaux, se sent naturellement plus à l’aise près de cette droite républicaine et bien éloignée des nombreuses thèses ostracisées que souhaite la droite populiste, même locale, et maintenant le ministre de l’intérieur de gauche. Dans cette politique électoraliste qui prône un repliement du pays sur lui-même en érigeant des remparts aux frontières et en jetant ses habitants à l’étranger, on se demande ce que peut bien faire l’UDI.

Déjà en 1989

C’est là tout le problème niçois. Localement l’UDI c’est plus de 1.200 adhérents. Son patron c’est Rudy Salles. Il a été élu face à Michel Page, membre historique mais âgé de plus de quatre-vingt ans. Mais le député a la réputation d’être le béni-oui-oui de Christian Estrosi. En 1989 ils étaient tous les deux sur la liste de candidature aux élections municipales de Jacques Médecin. En 2007 il fait campagne pour l’UDF, mais fait partie des lâcheurs qui quitteront François Bayrou au profit de Nicolas Sarkozy pour se retrouver au Nouveau Centre.

Tout le problème niçois est là : aujourd’hui l’UDI effectue une alliance avec le MoDem et Rudy Salles vient de déclarer que l’UDI soutiendra tous les maires de droite sortants. Difficile après cela d’affirmer l’indépendance du centre à Nice. Rudy Salles fait comme d’habitude et se rallie à Christian Estrosi, ce qui n’est pas du goût de tous les membres de l’UDI. En effet nombreux sont parmi eux, ceux qui dénoncent la politique dispendieuse du maire sortant, apprécient très peu les propos du maire de Nice et constatent un échec de sa politique locale et métropolitaine. Comment alors se voir représenté par un de ses amis ? En plus d’un UMP grognon, d’un PS éclaté, on ajoute un UDI qui risque de se diviser. Il est vrai que Rudy Salles est convaincu que Christian Estrosi a une voie royale devant lui et qu’il vaut mieux se contenter d’être l’Iznogoud du grand calife que le grand calife lui-même.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

La questions se posait déjà en 2010 : Voir le Ficanas

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