Estrosi - Ciotti : rien ne va plus !

Estrosi – Ciotti : rien ne va plus !

Lorsque nous évoquions dans le Ficanas le 11 mai dernier, lors d’un article intitulé « La guerre Estrosi-Ciotti a débuté… à Villefranche » nous reçûmes des menaces de poursuite judiciaire de l’un des candidats, André Bezzina. Il s’avère que cette guerre des deux amis de trente ans qui commençait à apparaître autour de la citadelle se confirme et que nos propos étaient justifiés.

C’est donc l’Express, dans son édition du 19 juin, qui détaille avec force d’exemples les affrontements entre le président-député-maire et le président du conseil général. Les sourires de la une de l’hebdomadaire masquent des réalités qui cherchent à donner le change. Petites phrases en aparté, rendez-vous décalés, tout va exploser avec le mariage pour tous. Tous les deux voteront contre, obéissant aux ordres du parti, mais tandis que Ciotti défile à Paris et affirme que s’il était maire il ne célèbrerait pas de mariage homosexuel, Estrosi se trouve « empêché » pour se rendre à la manifestation et s’empresse de marier l’un de ses collaborateur en mairie de Nice.

Pourtant les deux hommes sont des fillonistes. En effet la branche Copé du département est détenue par Michèle Tabarot, au Cannet, qui se retrouve empêtrée dans le financement de ses campagnes électorales et de celles de son frère, comme l’a dévoilé Médiapart. Mais les deux partisans de l’ancien premier ministre ne se retrouvent pas dans la même situation : Eric Ciotti s’est positionné comme Monsieur Sécurité à l’UMP face à Christian Estrosi qui accuse un véritable échec dans ce domaine dans sa ville malgré des investissements considérables.

Christian Estrosi n’a jamais caché ses ambitions nationales, et en a assouvi en étant ministre. Mais cela était dû à Nicolas Sarkozy qui, visiblement, se contente de son cycle de conférences internationales pour l’instant.

Il y a également un problème territorial : la seule métropole de France ne devrait plus être sous l’autorité du conseil général mais exclusivement du conseil métropolitain. Il y a donc deux têtes pour un tiers du territoire du département.

Ce sont donc les municipales qui vont être l’enjeu ; les deux protagonistes ne s’affronteront pas directement et seront bien obligés de s’entendre pour conserver les mairies à l’UMP. Mais le président de l’UMP, Christian Estrosi, va-t-il être en accord avec Eric Ciotti pour désigner les candidats ? L’exemple villefranchois ne serait que les prémisses de cette situation qui peut être à l’avantage d’un UMP non agréé, voire d’un candidat du Front National.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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