800 morts en Méditerranée, il y a quelques jours et ce n’est pas fini. Le directeur de l’OMI (organisation maritime internationale, une institution de l’ONU), Koji Sekimizu, a annoncé qu’en 2014 plus de 170.000 migrants ont traversé la Méditerranée. Pour 2015, il faut s’attendre à un demi-million de migrants, ce qui pourrait provoquer 10.000 morts (nous en sommes à 1.750 depuis janvier).
Sommes-nous responsable ?
Sommes-nous responsables de cet afflux de population qui tente de traverser la mer au péril de sa vie ? Il faut pour cela remonter en arrière, en ce qui concerne en particulier la Libye. En 2011, lors de la première révolution libyenne, le Conseil national de transition s’est vu soutenu par des forces de l’OTAN et divers pays : France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Turquie, Canada, Belgique, Italie. Après l’assassinat de Mouammar Kadhafi, on a vu le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, David Cameron, se précipiter à Benghazi pour faire des photos et une grosse opération de communication. Puis… Plus rien.
Depuis c’est la catastrophe. Jean-Pierre Chevènement a clairement commenté la situation sur Europe 1 en 2014 : «La Libye avait beaucoup de défauts à l'époque de Mouammar Kadhafi, mais la Libye exerçait un contrôle sur ses frontières. Nous avons détruit la Libye, il faut le dire», a-t-il affirmé. «La France, l'Angleterre, sous l'impulsion de M. Sarkozy, peut-être de M. Bernard Henry-Lévy, ont décidé qu'il fallait aller faire le ménage», a poursuivi le sénateur. «Résultat de l'ingérence : aujourd'hui, c'est le désordre complet». Et ce désordre entraîne la fuite de la population vers l’Italie.
Le grand silence :
Aujourd’hui, après ces catastrophes humanitaires, on assiste à un grand silence européen. On convoque un sommet européen à Bruxelles qui envisage de renforcer le processus Triton et d’absorber 5.000 migrants, sur les 500.000 potentiels. Mais, mis à part quelques propos larmoyants, on a droit à un grand silence.
En effet dans un continent miné par la droite extrême, très conservatrice, il y aurait là un risque électoral à aborder le sujet. Pleurer est simple, enfoncer le problème dans des commissions européennes bien pratique, autant laisser la situation à la charge des italiens et des maltais en détournant son regard. Voyons-nous les chefs de partis politiques français monter au créneau ? Les entendons-nous proposer des solutions ?
Frederica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, a affirmé : « « Nous sommes tous responsables : institutions, membres des institutions, Parlements, gouvernements nationaux. C’est difficile, parfois, d’être un responsable politique. » C’est là que l’on constate l’écart qu’il y a entre l’irresponsabilité et le courage.
Christian Gallo - © Le Ficanas ®