La télévision d’Etat française, par nature républicaine, se vautre dans un manque dynastique en consacrant la plus grande partie de ses programmes d’information, soit au climat, soit à la succession britannique. Il est probable que les journalistes français regrettent encore ce 21 janvier 1793 où l’on guillotina le roi de France. Alors pour se rattraper on multiplie les images sur la façade d’une maternité (moche au demeurant) de Londres.
Tout le monde attend le « Royal baby » qui devrait un jour régner sur l’Angleterre et les restes du Commonwealth. Régner ? Pas si sûr ! Entre l’arrière-grand-mère Elisabeth qui, à 87 ans, s’accroche au poste comme la vérole sur le bas clergé breton, son fils Charles qui semble à 65 ans en pleine forme car béni à sa naissance dans les eaux du Jourdain, son petit-fils William qui pète la forme à 31 ans, le nouveau venu n’est pas prêt de monter sur le trône.
Réception républicaine sous François Mitterrand en 1989 dans la galerie des glaces de Versailles
Mais ce n’est pas grave car, comme toute sa famille, il va pouvoir dépenser l’argent des contribuables britanniques. Palais, véhicules, personnels, frais de bouche sont l’apanage de ces anglais qui dépensent sans compter, histoire de pouvoir faire « Hourra » devant Buckingham.
Jean-Jacques Rousseau écrivait en son temps : « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant l'élection de membres du Parlement: sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien ». Depuis les britanniques ont fait des progrès dans la démocratie, et nous aussi.
Nous avons décidé que la République appliquerait les mêmes avantages que la royauté à tous, non pas au peuple, mais aux élus. Les ors de la République valent souvent ceux de la royauté et les dynasties deviennent républicaines. Enfants et petits-enfants des élus cherchent par tous les moyens à bénéficier des avantages de leurs aïeux. On pourrait croire que ces avantages changent à chaque élection : c’est vrai, et c’est là l’avantage égalitaire de la république. Mais rapidement ces mêmes élus cherchent à créer des dynasties car les avantages sont trop nombreux.
Quand on voit le déficit de la France et le train de vie dans l’Etat, les régions, la métropole, les conseils généraux et certaines mairies, on comprend que certains regrettent de payer des impôts et que d’autres pensent à la guillotine. Heureusement les siècles nous ont pourvu de plus d’humanité, et en fin de compte ce n’est pas forcément plus cher de conserver les Windsor, vu le coût de nos élus.
Christian Gallo - © Le Ficanas ®