La citation est attribuée à Jean-Marie Le Pen par Renaud Dély dans son blog. Il lui reconnait même la phrase suivante : « Enfin, mon gros lapin, je sais bien que « plus c'est gros, plus ça passe » comme disait Goebbels... » Vrai ou faux, incontestablement drôle, mais malheureusement plein de vérité, puisque cela est mis en application à Nice à l’occasion des élections régionales. Marine avait déjà balancé Marie-Christine Arnautu pour avoir frayé avec le papy fondateur. Elle même avait balancé ses colistiers peu après les municipales. Ensuite la candidate héritière du FN, la Marion, débauche Olivier Bettati, anciennement UMP, que tous croyaient républicain. Et là ça devient très drôle : l’ex collaborateur de Christian Estrosi nous fait un coup de démon de midi « J'ai été emballé par cette jeune femme d'avenir. A 25 ans, avoir une telle justesse dans l'analyse ! Elle représente l'avenir de la droite en France. Je me suis retrouvé comme au RPR il y a 25 ans ». Démon de midi et ancien combattant ! Et histoire de faire rire un peu plus : « Je ne suis pas quelqu’un d’extrême droite ! » Il envoie même ses très proches clamer dans les rues de Nice qu’il n’a pris ni sa carte du Front national, ni celle du Rassemblement bleu marine.
Alors que comme disait Géronte « Mais que diable allait-il faire à cette galère? », maintenant on le sait. Olivier Bettati avait un manque, celui d’être copain avec Philippe Vardon, l’Identitaire niçois. Bettati va pouvoir assouvir ses manques en l’acceptant sur sa liste électorale avec la bénédiction de la fameuse Marion. A lui enfin la distribution de la soupe au lard pour empêcher les musulmans et les juifs de manger, à lui l’occupation d’une mosquée (comme en 2012 à Poitiers), à lui les chansons du genre « Europe jeunesse révolution » que Vardon chantait dans son groupe de rock Fraction. A lui aussi le GUD, les Jeunesses identitaires dont Vardon fut le porte-parole. Enfin à lui aussi de devenir copain avec Maxime Brunerie, identitaire, auteur de l’attentat contre Jacques Chirac.
A lui également le risque d’être, comme le fut sa nouvelle égérie Philippe Vardon, condamné pour incitation à la haine raciale et reconstitution de ligue dissoute. Dissoute ? Pas tant que cela à Nice ; il s’agit de Nissa Rebela, un mouvement qui se qualifie de « identitaire du pays niçois », un nouveau moyen de s’attribuer une indépendance hypothétique du pays de Nice pour masquer une extrême-extrême droite fascisante et raciste. Bettati va-t-il donc attiser les haines, le racisme, la xénophobie, la ségrégation ? Est-ce là son vrai visage qu’il dissimulait depuis tant d’années ?
Quand Marc Concas lui demande de quitter le groupe « Mon parti, c’est Nice », et d’amener avec lui Benoit Kandel, il ne veut pas ! Il faut quand même avouer que Jean-Marie Le Pen avait raison : « Plus c’est gros, plus ça passe ». Si Vardon se retrouve en cinquième position sur la liste Bettati ce n’est plus drôle ni distrayant. Ca devient cocasse, mais pas inénarrable. Nous nous appliquerons à le raconter.
Christian Gallo - © Le Ficanas ®
Réponse reçue de Philippe Vardon :
"Bonjour Monsieur, dans votre billet vous m'attribuez l'occupation de la mosquée de Poitiers avec laquelle je n'ai aucun lien, ou encore indiquez que Maxime Brunerie était identitaire. Cela aurait été compliqué, le mouvement identitaire n'existait pas encore lors du geste fou de Brunerie... Ayant toute confiance dans votre souci d'une juste information, je vous remercie de bien vouloir corriger ces mentions."