Estrosi va célébrer «l’union» de Nice à la France trois jours avant les élections !

Demain, jeudi 26 septembre, Christian Estrosi, le maire de Nice, président de la métropole Nice-Côte d’Azur, va lancer le comité du 160ème anniversaire de l’union du comté de Nice à la France. La Ville de Nice explique : «Le 21 juillet 1858, Cavour, Président du Conseil du Royaume de Piémont-Sardaigne, rencontre Napoléon III à Plombières. Par cette entrevue secrète, Napoléon III accepte d'aider Victor-Emmanuel II à unifier l'Italie, sous condition que le Comté de Nice et le Duché de Savoie soient cédés à la France. Le 12 mars 1860, à Turin, une convention secrète est signée : le Comté de Nice et la Savoie seront rattachés à la France. Le 24 mars 1860, le Traité de Turin est signé. Puis les 15 et 16 avril 1860, un plébiscite a lieu à Nice (25 743 voix pour).»

Petit problème : Nice n’a jamais été rattachée à la France, mais annexée ; c’est le terme officiel utilisé à l’époque par les Français eux-mêmes. On parle de rattachement à partir du centenaire en 1960, terme bizarre quand on sait que Nice ne fut française qu’en étant occupée sous la Révolution et l’Empire).

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Une commémoration bien à propos.

Mais Christian Estrosi veut clairement célébrer « l’union » du Comté et de la France et pour cela s’appuie dans son communiqué sur les résultats du plébiscite plus que douteux : les « non » s’étant abstenus, les femmes ne votant pas, et les curés, les syndics, les fonctionnaires et surtout les militaires français de passage furent fortement incités à voter « oui ». Il y aurait-il là une propagande en vue des élections municipale de 2020 ? Quelle idée saugrenue de fêter un cent soixantenaire ? Mis à part qu’il faut bien lire le communiqué de la mairie qui dit « Le 12 mars 1860, à Turin, une convention secrète est signée ». Comme c’est bizarre, mais le premier tour des municipales aura lieu le 15 mars 2020, soit trois jours après la commémoration !

Car on ne va pas célébrer la fameuse « union » mais l’accord secret entre Napoléon III et Cavour connu aujourd’hui sous le nom « Entrevue de Plombières » ou l’empereur promet une aide militaire aux italiens en échange du Comté de Nice et de la Savoie. Cet accord fut qualifié de scélérat, mais c’est ce que l’on fêtera avant les élections municipales… « Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. »

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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